— Vous n’avez jamais été à l’école ?

— Moi, ripostait le vieux, haussant les épaules, avec un coup d’œil de mépris.

Il y avait dans la cabane des pigeons en liberté qui volaient au-dessus des têtes. Leurs ailes soulevaient un bruit mat et qui s’apaisait. On les voyait se poser sur la cloison ou descendre près de la porte dans une caisse remplie de maïs. Leurs pattes enfoncées dans les perles d’or, ils allongeaient des coups de bec brusques.

Comme Augustine avait placé sur une étagère un petit pot à soupe plein de blé, une grosse pigeonne d’un gris violacé venait s’y jucher, plongeant dans l’ouverture sa tête vert-paon. Son jabot gonflé à éclater, elle allait boire dans une vieille boîte de conserves, puis tout de suite gorger sa nichée, soufflant dans les becs le bon grain humide.

— Qu’est-ce que tu vas faire avec le curé, disait le vieux Biscosse à Michel. A ton âge je ne me serais pas laissé enfermer.

Michel était tout de même sorti sans accepter de boire le café qu’Augustine versait dans les verres. Dehors, comme il marchait très vite, se sentant en retard, il avait connu que quelque chose de fort et de vaillant était entré dans son cœur.


Il était près de onze heures quand l’abbé Danizous le vit arriver. Il se sentait mieux et venait de s’installer dans la cuisine, devant la cheminée, pendant que Mariette balayait sa chambre.

Quand il eut regardé l’enfant, il ne demanda rien, ne fit aucun reproche et montra seulement un livre ouvert :

— Essaie de traduire d’abord mot à mot.