En effet, il étoit impossible que je sortisse dans l'équipage où je me trouvois, j'acceptai les offres du vicomte.


Cependant la jeune fille qui avoit causé tout le désordre étoit demeurée à quelque distance et ne disoit pas un mot. M. de Valbrun l'appela; elle vint en se cachant toujours le visage avec ses mains. «Quelle pudeur! lui dit le vicomte, comme cela est intéressant! Vous concevez, ma mie, que je ne suis pas la dupe de cet air-là! Je voulois bien, comme cela se pratique dans une petite maison, vous céder quelquefois à d'honnêtes gens qui sont mes amis; mais nous étions convenus que vous ne vous donneriez jamais sans mon ordre, et vous sentez que votre maître ne se soucie point d'être le rival de votre coiffeur. Puisque c'est ce beau monsieur qui vous plaît, eh bien, que ce soit lui qui vous paye. Dès ce soir nous nous séparerons, Mademoiselle Justine…»

APPARITION DE JUSTINE

A ce nom qui sonnoit si doucement à mon oreille, j'interrompis M. de Valbrun: «Elle s'appelle Justine? Il seroit bien singulier… Monsieur le vicomte, me permettez-vous d'éclaircir un doute?» Il m'assura que je lui ferois plaisir. Je m'approchai de la jeune fille, j'écartai ses mains trop discrètes; et, comme il faisoit assez clair pour qu'on pût bien distinguer les visages, je reconnus cette jolie petite figure chiffonnée, dont le piquant souvenir m'avoit quelquefois donné du souci.

Faublas.

Quoi! vraiment! c'est toi, ma petite?

Justine.

Oui, Monsieur de Faublas, c'est moi.