[9] C'est apparemment le même docteur Willis qui vient de sauver Georges III.

(Note de l'Éditeur.)

Votre fille aussi vient de recevoir sa récompense: son amant et son époux lui ont été rendus cette nuit. Nos heureux enfans sont encore au lit. Adieu, mon ami.

LE MÊME AU MÊME.

26 juin 1785, quatre heures du soir.

J'accepte vos propositions, mon ami; j'y suis presque forcé. Aujourd'hui, de très bonne heure, on est venu remettre à mon fils une lettre de cachet qui lui ordonne de commencer, sous vingt-quatre heures, ses voyages dans l'étranger. J'arrive de Versailles; j'ai vu mes amis, j'ai vu les ministres: il paroît que l'exil de Faublas doit être longtemps indéfini. Quel dommage! Si l'amour paternel ne m'aveugle pas, ce jeune homme étoit fait pour aller à tout dans son pays.

J'ai demandé quinze jours pour les préparatifs nécessaires à notre départ; ils ne m'ont été donnés qu'à cette expresse condition que, pendant ce temps-là, le chevalier ne sortiroit pas de la maison de Dugny.

Encore quinze jours, mon ami, ensuite nous partons tous ensemble, et nous sommes à vous le plus tôt possible, et nous sommes à vous pour toujours. Adieu. Je ne vous dis rien de l'impatience de votre fille: Dorliska vous écrit tous les courriers.

LE CHEVALIER DE FAUBLAS
AU VICOMTE DE LIGNOLLE.

6 juillet 1785.