Monsieur le baron vient de me communiquer seulement tout à l'heure votre billet, que depuis longtemps je désirois, Capitaine. Mme de Lignolle, que votre rage a perdue, n'est pas encore vengée: le temps me paroît long.

Au reste, si votre cartel ne contenoit que de grossières injures et d'impertinentes bravades, je ne m'en étonnerois pas. Mais je ne puis trop admirer le raffinement de votre barbarie; vous exigez que, le même jour et dans le même instant, le père et le fils se battent contre les deux frères! Vous l'exigez? soyez content. Le baron et le chevalier de Faublas se rendront le 14 de ce mois à Kehl, où, jusqu'au 16, ils attendront le comte et le vicomte de Lignolle. Au revoir.

LE MÊME
AU MARQUIS DE B…

Le 6 juillet 1785.

Monsieur le Marquis,

Monsieur le baron vient de me remettre votre billet, auquel je suis désolé d'être obligé de répondre. Si vous le voulez absolument, je serai le 17 de ce mois à Kehl, où je m'arrêterai jusqu'au 20. Mais je fais les vœux les plus ardens pour que, satisfait de trouver ici les assurances de mes vifs regrets, vous ne quittiez point Paris.

J'ai l'honneur d'être, etc.

LE CHEVALIER DE FAUBLAS
AU COMTE DE LOVZINSKI.

De Kehl, le 14 juillet, dix heures du matin.

Mon très cher beau-père,