LE FAUTEUIL
Je tends mes bras de cuir vers une absente extase.
LA VILLE LOINTAINE
On naît, on meurt, on rit, on pleure, on meurt, on naît
Dans toutes mes maisons et dans toutes mes rues...
LA PENDULE
La vie est un roman et l'exil un signet;
Ne te raccroche pas aux heures disparues...
LE SOLITAIRE
Et quelquefois... très rarement! elle venait.
UN ADOLESCENT
Le printemps verse en moi sa délectable gêne
Et je suis seul... et je voudrais être à Paris
Pour sentir dans un restaurant du Bois
Mon cœur trop lourd se fondre aux rythmes des tziganes...
Ou bien encor descendre avec douceur
Les nocturnes Champs-Élysées,
Avec leurs becs de gaz entre leurs marronniers...
Et surtout n'être pas seul!
On voudrait tant quelqu'un pour connaître avec soi
Ces jouissances inexplicables.
Ô Paris si tranquille et si bleu après l'heure,
Où le grand soleil rouge inonde les voitures,
Et joue au passe-boule avec l'Arc-de-Triomphe!
Paris si parfumé de toutes les charrettes,
Où les narcisses, les muguets et les oranges
Ont des odeurs et des couleurs qui se mélangent
Et traînent...
Ou bien je voudrais être à Montmartre, très haut,
Et goûter, en montant les marches de la butte,
Le charme confiant des fenêtres ouvertes,
Lorsqu'on entend, dans les maisons, des voix qui causent.