Cette fois l'eau stoppe, lui renvoie passionnément son reflet. Il trompe la nier. Peut-être prend-il pour l'eau qui parlé une voix d'ondine. Mais il n'analyse pas. Son cœur ne lui en laisse plus le loisir.
Nous avons dit que le cœur de Germaine était souvent mobilisé. Cette habitude n'enlevait aucun enthousiasme à ses caprices. Elle aimait chaque fois pour la première fois. Elle se demandait comment elle avait pu aimer d'autres hommes et jouait sa partie nouvelle en montrant toutes ses cartes. Elle ne cherchait pas à prolonger le feu en le garnissant de cendres. Elle flambait le plus haut possible et le plus vite.
Son pouvoir de se mettre sincèrement dans un état primitif l'empêchait d'opposer à l'élan de Jacques celui, machinal, d'une fille rompue à l'exercice.
La tempête mélangeait leurs trésors, de quelque provenance qu'ils fussent.
Car si Jacques avait beaucoup gaspillé mais apportait ses rêves, Germaine qui avait beaucoup donné, avait beaucoup reçu. Elle ne l'accueillait donc pas les mains vides.
Cette dernière phrase prête à double entente. Là encore l'élan emportait Jacques au delà des scrupules. Le richomme serait un mari, un mari trompé.
Germaine trouvait si légitime de tromper Nestor qu'elle n'en ressentait pas l'ombre de gêne. L'inconscience est contagieuse. Jacques trouva naturel le subterfuge qui consistait à jouer le rôle d'un ami du peintre.
Le dîner de rencontre l'amusa. Au dessert, Germaine, distraite, le tutoya. Il était à sa droite.
—As-tu lu l'article de X...?
—Tu pourrais me répondre, ajouta-t-elle presque sans transition en se retournant à gauche vers Nestor stupéfait, détroussé, décorné par ce prodigieux coup de bonneteau. Ils rirent ensuite de l'alerte.