Petitcopain qui servait de concierge, après avoir ouvert et chuchoté, frappa chez Jacques. Il lui annonçait une visite. C'était Germaine. Elle portait un sac. Jacques n'en revenait pas.

Un réflexe lui fit pousser du pied une vieille paire de chaussettes sous la commode. Germaine riait de sa stupeur.

Elle s'ennuyait à table avec Nestor. Elle lui avait dit:

—Attends-moi; je vais dans la cuisine préparer une salade surprise. Elle avait pris du linge, des objets de toilette et s'était sauvée par l'escalier de service.

—Ne me gronde pas mon amour, suppliait-t-elle. Je suis libre, libre, libre. Qu'il casse tout. Je t'emmène en voyage de noces.

Il arrive qu'une route offre des aspects tellement différents à l'aller et au retour que le promeneur qui rentre croit se perdre. Un village dans lequel on habite, vu soudain d'une colline, peut être pris pour un autre village. Jacques, du fait de la présence de Germaine rue de l'Estrapade, reconnaissait mal sa maîtresse et ne reconnaissait plus sa chambre.

Il lui fallut une minute pour admettre la proposition, savoir: prendre le train et passer le dimanche dans la ferme des Râteau, partis pour le Hâvre.

Après le premier choc, Jacques fut aussi enragé qu'elle. Ils baptisèrent ce voyage: Le Tour du Monde. Il fallait que Jacques descendît voir la patronne, lui annonçât qu'il sortait et ne rentrerait que le lundi matin pour l'étude.

Ne voulant pas laisser Germaine dans sa chambre où Peter pouvait venir, il l'enferma dans la chambre vide de Maricelles, avec une lampe et des cigarettes. Là, on ne risquait rien.

À l'étage au-dessous, Jacques trouva le professeur et sa femme en train de régler la pendule. Il fallut attendre qu'elle sonnât toutes les heures et toutes les demies. Ensuite, Jacques, qui sortait chaque samedi soir, annonça qu'il passerait le dimanche à la campagne chez un camarade.