[LA MORT DE L'AMIRAL]
Les savons,
les neiges,
la rage,
le rire du cheval sauvage,
sortant nu de chez le barbier.
Nos mains, capucines de l'âtre,
et le couteau de la colombe
et la momie en son herbier
et l'amiral debout: il sombre
comme un rideau de théâtre,
applaudi par tout le rivage.
[MIROIR DES SPORTS]
Grands yeux, l'orage vous fait voler bas.
Sous le piston d'amour Bastien caracole.
Paris, joli voyou qui se frotte le bras,
Mélancoliquement après la Haute-École.
Coureurs, nageurs, orgueil des berges de Paris,
Parfois votre faiblesse est votre pire audace!
À cheval sur un cœur, cycliste, tu souris,
Dans les pneus enroulés comme le cor de chasse.
Grands yeux, l'orage vous fait voler bas.
Le drapeau du lavoir était de la partie.
Vénus! chatouille un peu, sans chemise et sans bas,
Le cycliste rêvant, la main sur ses parties.
[PIÈCE DE CIRCONSTANCE]
Gravez votre nom dans un arbre
Qui poussera jusqu'au nadir.
Un arbre vaut mieux que le marbre,
Car on y voit les noms grandir.
[UN BONJOUR D'ARCACHON]
Une cage de poissons rouges
Tombe des cieux infidèles.
Votre tonnerre déjà bouge
Dans l'écurie des hirondelles.
La gondole est une autre seiche,
Parfois veuve instantanément,
Lorsque l'attaque avec sa bêche
Quelque féroce garnement.
Dans un élégant sarcophage
Voyez descendre, au fil de l'eau,
(Ce jeu convient-il à votre âge)
La belle rameuse en maillot.
Tous plaisirs ce temps les empêche;
Mais, si nous ne l'effarouchons,
Elle apportera de la pêche:
Un cœur, souvenir d'Arcachon.
[TRILLES]
Plis de l'eau, les giroflées
Ou pantoufles de demoiselles.
Ils en eurent les mains enflées
De trop courir après elles.
Le varech, tabac d'Angleterre,
Entre l'Océan et la terre
Charme les canotiers bien mis.
Une petite vague fume
Sa première pipe d'écume;
Nous sommes ses meilleurs amis.