[MARINE]

Bouteilles vous cassez sur la mer vos tessons.
Le mur, méchante mer en tessons de bouteilles.
À la pipe réclame un nuage s'essaye.
Et, du reste, la mer est le ciel des poissons.

[MORT D'UN CYGNE]

Aux yeux ouverts la
dentelle en marche

Rameurs vous empoignez la morte,
Debout dans ses plis orageux.
Des oiseaux migrateurs l'escorte
Où jamais aucun ne dit: Je.
Tors-toi le cou, noble statue
De sel, vite retourne-toi;
Car la jeunesse qui nous tue
Se sauve ensuite par le toit.
Jeunesse ne montre sa tête,
Mais à ce couteau dans mon sein,
Ce couteau d'un tir de la fête,
On devine un jeune assassin.
Du ciel la perle est maladie.
Oh! venez, plongeurs ou rameurs.
À ma touchante mélodie,
N'entendez-vous pas que je meurs?
Un nœud embaumé se dénoue,
Lâche ses pourpres et son miel,
Car un ange qui fait la roue
Est frappé par le feu du ciel.
Nuage en croix êtes-vous Gilles,
Écartant ses bras de satin,
Ou Gilles de Retz, plus agile
À rougir le ciel du matin?
Les hauts nuages sont Europe
Qui vogue, ils sont aussi cheval.
Souvent le naïf télescope
Y découvre un combat naval.
Ouvre ton éventail de plumes
Onde cruelle à qui je plus
Déjà je fonds, je suis écume...
Bientôt je ne chanterai plus.

[IDOLE]

Toutes ses vieilles cicatrices
Terre
font le charme
de ta figure de guerrier

[CHEVEUX D'ANGES]

Aïe! Les anges s'accrochent les cheveux dans l'arbre de Noël. Leurs jupes flambent comme du papier de soie. Aussi ont-ils peur des bougies, des bûches. Quelquefois la fiancée de l'aviateur lui ôte un cheveu d'ange. Il existe même une figure de cotillon appelée: CHEVEUX D'ANGES. Les cavaliers s'asseyent; les dames crient à tour de rôle: Cheveux d'ange! Cheveux d'ange! Aussitôt les cavaliers se lèvent et s'envolent.

Les anges sont soldats, boxeurs nègres, matelots, championnes de tennis. Après leur mort on les enterre sous l'Arc de Triomphe.