—Il suffit de les voir pour être renseigné, et je sais par leur cousin tout le bien que l'on doit penser d'elles. Aujourd'hui même, je vais poser des questions directes sur leur situation et leur passé. Elles ont certainement des souvenirs très douloureux; lorsque, en causant avec Mlle Deplémont, je lui ai parlé de son père, elle m'a répondu avec une émotion telle que je m'en suis voulu d'avoir touché à un deuil qui remonte, je crois, à quelques années.

L'avocat fronçait les sourcils d'un air mécontent.

—Drôle de mariage! Bien au-dessous de ta position.

—Si tu voyais mesdames Deplémont, tu changerais d'avis.

—Elles peuvent être charmantes, mais...

—Mais, interrompit le docteur Cébronne, je me suis marié une première fois d'après toutes les convenances mondaines, et j'ai été assez malheureux pour ne recommencer qu'à bon escient.

—A bon escient? Précisément! je ne vois pas que ce soit le cas.

—Pourquoi?... Mme Deplémont me dira la vérité, quelle qu'elle soit. Mais serai-je accepté? Quels sont les sentiments de Gertrude?

—Tu crois que des femmes, dans une situation aussi précaire, refuseront une pareille aubaine? s'écria M. des Jonchères.

—Une pareille aubaine! répéta Bernard mécontent. Ce n'est pas à ce bas point de vue qu'elles envisageront ma demande. Nous n'avons pas affaire à des femmes vulgaires.