—Tout y va à souhait, princesse, dit-il; votre école est pleine d'enfants... L'instituteur est parti il y a huit jours, mais les classes continuent néanmoins.
—Parti? Pourquoi?
—Il s'ennuyait, je pense, dit Féodor en baissant les yeux. Depuis longtemps il négligeait ses devoirs...
—Pourquoi ne pas me l'avoir écrit? fit Nadia avec animation. Les classes ne devaient pas souffrir de sa négligence.
—Elles n'en ont pas souffert, répondit le jeune homme, toujours avec le même air de modestie.
—Qui donc suppléait le maître?
—Moi. Excusez-moi, Votre Altesse, si j'ai encouru le risque de vous déplaire, continua-t-il avec un redoublement d'humilité, mais je savais que vous aviez cette école extrêmement à cœur, et j'ai remplacé le maître toutes les fois qu'il a manqué sa classe.
Nadia allait le remercier chaleureusement, elle le regardait et ouvrait la bouche pour parler, lorsque, soudain, elle s'arrêta dans son élan, fixa les yeux sur lui avec une certaine persistance et dit d'un ton calme:
—Je vous remercie.
Stepline n'avait pas remarqué ce changement; il reprit du même ton ému: