«Je ne suis pas de votre avis, répondis-je sèchement, je me trouve très jolie.

—La bonne farce! s'écria ma tante. Jolie, vous! un petit avorton pas plus haut que la cheminée!

—Mieux vaut ressembler à une plante délicate qu'à un homme manqué», répliquai-je.

Ma tante croyait fermement avoir été une beauté et n'entendait pas raillerie sur ce sujet.

«J'ai été belle, mademoiselle, si belle qu'on nous avait donné le nom d'une déesse, à ma sœur et à moi.

—Votre sœur vous ressemblait-elle, ma tante?

—Beaucoup, nous étions jumelles.

—Son mari a dû être bien malheureux», dis-je d'un ton pénétré.

Ma tante lança une imprécation que je ne permettrai pas à ma plume de répéter.

«Du reste, repris-je avec calme, vous avez naturellement le goût d'une femme du peuple, tandis que moi, je...»