Je l'aurais bien embrassée pour cette bonne idée, mais ma tante ne partageait pas mon avis. Elle disparut pour aller se disputer avec Suzon, et nous ne la revîmes que dans le salon.

«Vous avez une excellente cuisinière, ma cousine, dit Paul de Conprat en sirotant son café.

—Oui, mais si grognon!

—C'est un détail, cela.

—Et ma tante, comment la trouvez-vous? demandai-je d'un ton confidentiel.

—Mais... assez majestueuse, répondit M. de Conprat un peu embarrassé.

—Ah! majestueuse... vous voulez dire désagréable?

—Reine! murmura le curé.

—Eh bien, parlons d'autre chose, monsieur le curé, mais je voudrais bien avoir l'heureux caractère de mon cousin et découvrir le bon côté de ma tante.

—Ayez un peu de philosophie pratique, charmante cousine, c'est là une base sérieuse pour le bonheur et la seule philosophie qui me paraisse avoir le sens commun.