—Que je voudrais bien être au Pavol! soupirai-je. Nous nous verrions souvent.

—Qui sait, petite cousine? peut-être ne vous plairais-je plus si vous me connaissiez mieux. Cependant je puis certifier que je suis un brave garçon; sauf que j'ai une passion pour le dindon et que j'aime les jolies femmes à la folie, je ne me connais pas le plus petit vice.

—Aimer les jolies femmes, mais ce n'est pas un défaut! Moi, je déteste les gens laids, ma tante, par exemple. Mais assimiler un dindon à une jolie femme, c'est peu flatteur pour cette dernière, mon cousin.

—C'est vrai, je conviens que ma phrase était malheureuse.

—Je vous pardonne, dis-je avec vivacité. Ainsi, vous me trouvez jolie?»

Il y avait au moins deux heures que je me répétais, en mon for intérieur, qu'il ne fallait pas laisser échapper l'occasion de m'éclairer par un avis carré et compétent sur un sujet palpitant d'intérêt pour moi. Depuis le commencement du dîner, j'attendais avec impatience le moment de placer ma question. Non pas que j'eusse des doutes sur la réponse; mais s'entendre dire, bien directement et bien en face, qu'on est jolie par autre chose qu'un curé..., c'est vraiment délicieux!

«Jolie, ma cousine! vous êtes ravissante! Jamais je n'ai vu de plus beaux yeux et une plus jolie bouche!

—Quel bonheur! et comme c'est agréable, les hommes, quoi qu'en dise ma tante!

—Madame votre tante n'aime pas les hommes? Il est certain qu'elle a passé l'âge de la coquetterie.

—La coquetterie! on ne m'en parle jamais. Est-ce que vous trouvez qu'il faut être coquette?