— Je vous demande pardon, je ne suis qu’un fou… Je pars… soyez tranquille. Je savais bien qu’en vous voyant j’étais capable de toutes les sottises. Mais vous êtes si… Ah ! morbleu ! que je suis malheureux !
Il s’éloigna à grands pas et faillit renverser M. Jeuffroy qui entrait sous la charmille.
— Tiens ! vous ici !
— Oui ! cria Saverne, j’étais venu pour enlever votre fille malgré vous, ne sachant pas qu’elle était fiancée.
— Pourquoi criez-vous si fort ? Je ne suis pas sourd. Enlever ma fille ! répondit M. Jeuffroy offensé et gagné par l’agitation de Didier ; l’enlever malgré moi !… pour qui nous prenez-vous ?
— Elle, pour une femme adorable ! tonna Saverne en secouant la main du bonhomme de façon à le faire crier, et vous, pour un imbécile sans cœur !
Il disparut, pendant que M. Jeuffroy, abasourdi, disait :
— Eh bien, il est gentil !
Il chercha sa fille des yeux, mais Suzanne s’était enfuie et enfermée à double tour dans sa chambre.
Il rentra chez lui en grondant et trouva sa sœur dans le vestibule.