— Vous m’avez surprise au milieu d’impressions vives, mais passagères, répondit Suzanne. Il est toujours pénible d’être la cause d’un chagrin, et j’ai vu que M. Saverne en avait beaucoup. Quant à Marc, il a ma parole, et pas un instant je n’ai eu la pensée de rompre avec lui…
Pendant ce temps, Didier avait couru chez Mme de Preymont, qui comprit immédiatement à son air bouleversé que ses craintes étaient réalisées et qu’il avait vu Suzanne.
— Pourquoi, s’écria-t-il, pourquoi ne m’avoir pas prévenu ?
— Mais on vous a écrit, répondit-elle, et Marc comptait vous écrire de nouveau s’il ne vous rencontrait pas à Paris.
— Je ne serais pas venu alors, et surtout…
— Surtout quoi ? demanda-t-elle avec inquiétude.
— Je n’aurais pas parlé ! répondit-il, marchant à grands pas dans le salon. Que ce Marc est heureux !… Elle est si séduisante ! Quand je pense que depuis un an j’attendais ce moment comme on…
Il se jeta sur une chaise, cacha sa tête dans ses bras et pleura comme un enfant.
Mme de Preymont, émue, s’approcha de lui et posa la main sur son épaule.
— Voyons, Didier !