— C’est fini ! dit-il en se redressant vivement. Et à présent je n’ai plus qu’à m’en aller.

Mme de Preymont, trop absorbée dans ses propres inquiétudes pour s’arrêter longtemps sur le chagrin de Saverne, dit en hésitant :

— Vous dites que vous avez parlé… mais Suzanne ? Vous l’aurez troublée bien inutilement.

— Troublée… je ne sais pas si elle l’était, répondit Saverne ; tout ce que je sais, c’est qu’elle s’est mise en colère, qu’elle m’a flanqué à la porte et que jamais je ne l’ai tant aimée…

— Et que jamais aussi vous n’avez si mal agi : la fiancée de votre ami !

— Oh ! ça, c’est vrai, répondit Saverne, j’ai agi comme un butor. Maintenant, vous dire que je le regrette absolument, ce serait mentir. Mais je crois qu’il est urgent que je parte.

— Absolument urgent, répliqua Mme de Preymont d’un ton grave, et, au cas où vous hésiteriez, j’exigerais votre départ par égard pour moi et au nom d’une amitié qui ne peut pas être entièrement effacée par cette rivalité.

— Oh ! Dieu, je n’en veux pas à Marc, répondit Saverne. Il a gagné la partie, tant mieux pour lui !

Le soir même il reprenait le chemin de Paris sans avoir rien dit qui pût confirmer ou détruire les doutes de Mme de Preymont.

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