— Je veux être seul, répondit-il d’un air sombre, votre présence elle-même me ferait du mal.

Mais, comprenant à son regard plein d’effroi quelle était sa pensée, il reprit :

— Rassurez-vous… je vous donne ma parole d’honneur que je vivrai.

Il écrivit rapidement quelques mots à M. Jeuffroy, et s’asseyant ensuite près de Mme de Preymont, il lui dit :

— Je ne reviendrai ici que lorsque je serai sûr de ne pas rencontrer Suzanne. Je vous la confie, ma pauvre mère ; je redoute pour elle la colère de M. Jeuffroy : elle aura besoin de vous.

— C’est trop me demander, répondit Mme de Preymont avec amertume, je ne veux ni la revoir, ni m’occuper d’elle.

Il ne dit rien tout d’abord ; ce ne fut qu’après un silence prolongé pendant lequel, en pensée, il se penchait encore avec irritation, amour, colère et tendresse sur une femme en pleurs, qu’il répondit d’une voix basse et émue :

— C’est que vous ne l’avez pas vue pleurer !…

Au moment de monter en voiture, il revint à ses recommandations.

— Protégez-la ; écoutez plutôt votre jugement que votre cœur froissé, mais, quand vous m’écrirez, ne me parlez jamais d’elle… excepté quand tout sera fini, je veux savoir…