Mais M. Jeuffroy, s’obstinant à ne pas la croire, répondit :

— Je n’aime pas qu’on plaisante avec moi… Si c’était vrai, tu ne parlerais pas aussi tranquillement, à moins d’être archifolle. A quel propos auriez-vous…

Il fut interrompu par l’arrivée d’une servante qui lui remit le billet de Preymont.

« Monsieur, écrivait Marc, j’ai rendu aujourd’hui à Suzanne la parole qu’elle m’avait donnée, ayant acquis la conviction que notre mariage n’était plus possible. Votre fille vous donnera les explications que vous jugerez nécessaire de demander. »

Obligé de croire au témoignage de ses yeux, M. Jeuffroy suffoquait ; il se tourna vers sa sœur et bégaya :

— C’est toi… toi… évidemment, c’est toi qui as fait le coup.

— Ma tante n’y est pour rien, répondit Suzanne brièvement. L’explication… la voilà ! Je me trompais en croyant aimer Marc ; il l’a su, et nous avons rompu de bon accord.

M. Jeuffroy leva les bras au ciel et, dans sa fureur, se mit à marcher en frappant sur les meubles et en balbutiant des paroles décousues. Puis reprenant haleine, il s’écria :

— Et cette sotte fille qui me dit bêtement : Je ne l’aimais pas ! Est-ce qu’il s’agissait de l’aimer ? Était-il ruiné pour le laisser là ?

Suzanne n’avait jamais répondu un mot vif aux propos cyniques ou brutaux de son père, mais les émotions violentes de la journée l’avaient jetée dans une si grande surexcitation qu’elle répliqua avec vivacité :