— Quelle ravissante créature !… mais comprend-on pourquoi elle épouse un grand gaillard aussi banal ! je le trouve vulgaire.

— Elle le voit sous un autre jour, répondit Preymont d’un ton bref, et la réputation de M. Varedde est celle d’un très brave garçon.

— Je pense bien qu’on ne la donne pas à un repris de justice ! répliqua Saverne. Un brave garçon ! bel argument, ma foi, pour marier une femme qui, si elle le voulait, bouleverserait la cervelle de tous les hommes.

Une interruption dans la lecture du contrat l’obligea au silence. Suzanne, n’entendant plus la voix forte et monotone du lecteur, tourna la tête et vit que M. Varedde discutait à voix basse avec le notaire.

— Je crois, monsieur, qu’il y a là une erreur.

— Aucune erreur !… M. Jeuffroy m’a donné écrite l’énumération des titres qui devaient être portés sur le contrat, et je n’ai eu qu’à copier exactement.

— Eh bien, reprit Varedde, M. Jeuffroy a eu une distraction ; ce sera facile de rectifier.

Le notaire toussa d’une façon significative, et lui dit tout bas précipitamment :

— Prenez garde ! ce n’est pas l’habitude de mon client de se tromper sur des chiffres.

— Raison de plus pour m’expliquer, répondit-il.