Il se tourna vers M. Jeuffroy, qui attendait d’un air tranquille la fin du colloque.
— Je disais à monsieur qu’il y a une erreur, reprit-il. Voulez-vous bien examiner avec moi ?
— Une erreur !… quelle erreur ? répondit M. Jeuffroy en se levant.
— Voulez-vous que nous passions dans votre cabinet pour nous expliquer, monsieur ? Nous serons plus libres, et nous n’ennuierons personne de ces détails.
Suzanne, surprise en les voyant s’éloigner, interrogea Preymont, qui répondit d’un ton insouciant :
— Un malentendu, je crois, que ces messieurs vont éclaircir en quelques mots.
— C’est la faute du notaire, dit Mlle Constance, vaguement inquiète. Il aura mal compris les idées de mon frère.
Mais l’explication se prolongeait et dégénérait en altercation. M. Varedde ayant élevé la voix, on l’entendit s’écrier avec colère :
— Ce n’est qu’une duperie, monsieur ! et si vous avez cru que je n’étais pas assez expérimenté en affaires pour m’en apercevoir, vous vous étiez trompé. J’ai toujours entendu épouser une femme qui m’apportât 100,000 francs de dot parfaitement liquides ; mais vous vous êtes arrangé de façon que la dot promise se trouve réduite à 60 ou 70,000 francs au plus… Je refuse de signer le contrat si vous ne le rectifiez pas.
Suzanne n’entendit pas la réponse de son père ; elle s’était levée pâle d’émotion et les yeux indignés.