— Mais ne les approuverez-vous pas d’un mot en ma faveur ?

Preymont hésita, puis répondit nettement :

— Non… étant convaincu maintenant que ce mariage ne ferait plus son bonheur.

— Enfin, monsieur, reprit Varedde avec impatience, puis-je espérer que vous resterez neutre et n’influencerez pas contre moi Mlle Suzanne ?

— Si j’accepte la mission que vous me faites l’honneur de me confier, évidemment ce n’est pas avec l’intention de vous desservir, répondit Preymont ironiquement. Je commencerai par exprimer bonnement à ma cousine ce que vous-même m’avez dit, mais ensuite mon attitude dépendra de sa réponse.

— Vos paroles ne manquent pas de sous-entendus, répondit Varedde irrité.

— Remarquez, monsieur, que vous me demandez un service, répliqua Preymont d’un ton sec ; je consens à vous le rendre, mais c’est tout.

M. Varedde fut sur le point de s’emporter, mais il savait qu’une démarche de Preymont pourrait avoir la plus heureuse influence sur la décision de Suzanne, et il reprit avec plus de calme :

— Je ne puis, monsieur, forcer plus avant votre bienveillance. Tarderez-vous à faire cette démarche ?

— J’y vais à l’instant, répondit Preymont avec résolution.