Ils sortirent ensemble et, à la porte de la cour, rencontrèrent Saverne, qui voulait se donner la satisfaction de dévisager avec impertinence M. Varedde ; mais, une autre idée lui étant venue, il prit à part Preymont pour lui dire :

— Est-ce que tu vas en ambassadeur chez Mlle Jeuffroy ?

— Oui…

— Si j’allais avec toi ?

— En vérité, répondit Preymont impatienté, ton enthousiasme te fait perdre toute notion des convenances. Est-ce le jour et l’heure de lui faire une visite ?

Mais Saverne avait en tête de revoir la jeune fille le matin même, et, après avoir déclaré que son idée n’avait pas le sens commun, il suivit de loin son ami qui traversa rapidement la petite ville à l’extrémité de laquelle était située la propriété de M. Jeuffroy.

Preymont espérait un peu trouver Suzanne sous les charmilles ; mais, en approchant du parc, il la vit sortir par la porte qui donnait accès sur la route. Elle la traversa pour descendre au bord de la rivière, dans un endroit ombragé qui appartenait à M. Jeuffroy.

Ce fut d’un air tranquille qu’elle accueillit Preymont, bien que son visage fatigué portât des traces de larmes récentes.

— Comment m’avez-vous découverte ici ? demanda-t-elle.

— Je vous ai vue sortir du parc au moment où moi-même j’arrivais. Je suis content de vous trouver seule, chère Suzanne ; M. Varedde sort de chez moi…