Tout à coup Suzanne, sans aucune préparation, éleva la voix :
— Mon père, que diriez-vous si Marc me demandant en mariage, je consentais à l’épouser ?
Pris à l’improviste, M. Jeuffroy répondit :
— Pourquoi cette question ? est-ce qu’il t’a parlé ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
Mais Mlle Constance se leva dans la plus vive agitation et s’écria d’un ton tragique :
— Épouser un bossu, toi !
— Épouser un homme remarquable et qui m’aime, lui ! répondit la jeune fille d’un ton dans lequel il eût été facile de découvrir une nuance d’amertume.
— Est-ce Fanchette, demanda Mlle Constance hors d’elle-même, qui a été te conter ses sottes histoires ?
— Voyons, voyons, dit M. Jeuffroy, qu’on s’explique. Est-ce que Preymont ou sa mère auraient fait une démarche auprès de toi, ma sœur, sans que j’en aie été prévenu ?
— Non, répondit Suzanne, et ils n’en feront pas. Mais je sais que Marc m’aime depuis longtemps et que, sans sa difformité, il vous demanderait ma main. Jamais, pour aucun homme, je ne pourrai avoir une plus profonde estime, et, si vous y consentez, je serai sa femme.