— C’est une lettre de Marc que vous avez reçue ?

— Oui, mignonne, il est en Suisse.

— Que vous dit-il ? parle-t-il de moi ?

— Non, répondit-elle étonnée de la question et la regardant attentivement, il ne m’en parle jamais.

Suzanne sourit, prit la main de sa cousine qu’elle baisa tendrement, et lui dit à voix basse :

— Alors c’est qu’il y pense toujours…

Mme de Preymont se pencha vers elle et s’écria anxieuse :

— Tu sais tout, Suzanne ?

— Oui… tout ! répondit-elle d’une voix émue. Écrivez-lui que je connais son amour, qu’il a tort de se désespérer, que je l’apprécie assez pour être fière et heureuse de devenir sa femme.

Mme de Preymont l’attira plus près d’elle ; aussi jeune par sa passion maternelle que Suzanne l’était par son inexpérience, elle trouvait absolument naturel que son fils pût être aimé, et, quand l’émotion lui permit de parler, elle dit simplement :