Elle l'est presque toujours de cette façon quand on l'applique ou qu'on la reçoit comme aphrodisiaque externe, et c'est là incontestablement un des rites les plus en faveur auprès des dévots de la Vénus Callipyge. La vue des trésors impudiquement étalés ajoute au plaisir de ce noir orgueil jouissant de la douleur du patient ou de la patiente, et comme Vénus n'est pas la seule à posséder ces trésors, peut-être faut-il voir dans ce fait l'explication de l'appétit malsain des fessées sur la chair nue que bien des pédagogues ressentent maladivement.
Il n'est pas besoin d'insister sur l'humiliation que ressent le patient sous les cuisants baisers des verges ou du fouet. Cette torture était celle que les Romains infligeaient à leurs esclaves et, comme pour abaisser jusqu'à ce degré,—le dernier pour eux—ils l'infligeaient également aux Vestales qui, dans leur veille sacrée devant le feu de Vesta l'avaient laissé s'éteindre. Cela ne le rallumait pas. Il n'en est pas de même, paraît-il, de ce feu que des vestales à rebours savent raviver dans les reins flagellés de ces vieux qui veulent redevenir jeunes ou de ces jeunes qui sont déjà vieux.
Under the Sjambok. A Tale of the Transvaal, by George Hansby Russell. London, John Murray, 1899, in-8o, 348 pages[44].
[44] Sous le Sjambok. Conte du Transvaal, par George Hansby Russell. Londres, 1899. Prix 6 shellings (7 fr. 50).
D'abord qu'est le Sjambok? C'est un énorme fouet dont se servent les Boers pour conduire leurs bestiaux. On le fabrique généralement avec la peau du rhinocéros. S'il était destiné seulement aux animaux, tout serait pour le mieux, mais plus d'un indigène du pays des Boers a senti sur ses épaules la caresse cinglante du Sjambok.
A vrai dire, il y a de cela une ou deux générations.
Les effets de ce terrible instrument équivalent à ceux du Chat-à-neuf-queues employé dans les prisons anglaises, et beaucoup de Cafres ont succombé sous les coups de ce fouet.
L'ouvrage dont je m'occupe actuellement n'a aucun caractère érotique ou même léger. C'est, en réalité, une étude physiologique des mœurs des Boers; mais, je le répète, je crois qu'il serait préférable de reporter de semblables coutumes à quelques générations en arrière. L'auteur, très chauvin—pour ne pas dire davantage—donne de telles descriptions qu'on se croirait en plein état sauvage. Au fond, l'ouvrage n'offre que peu d'intérêt. Je le mentionne seulement parce que le fouet y joue un rôle prépondérant.
L'intrigue est simple:
Richard Hanson, un vieux camarade de George Leigh, le héros du livre, recommande à celui-ci de s'occuper de sa fille qui se trouve au moment de sa mort, dans le Sud Afrique.