The Story of the Australian Bushrangers, by Geo. E. Boxall. London, 1899, in-8o, 392 pages[48].
[48] Histoire des Batteurs de buissons australiens, par G.-E. Boxall. N'a pas été traduit en français.
Il semble presque impossible de se faire aujourd'hui la moindre idée de l'importance des Bushrangers[49], au commencement du siècle. Il est infiniment probable que l'Australie, las Tasmanie, voire la Nouvelle-Zélande ont été peuplées au début par les forçats exportés d'Angleterre, d'autant plus qu'à ce moment, il fallait vraiment peu de chose pour transformer un honnête homme en forçat. Sous l'égide féroce des rois Georges d'Angleterre, le moindre crime voyait son auteur finir sur la potence et pour les délits insignifiants, on envoyait les délinquants peupler les plaines de Botany Bay.
[49] Le mot Bushranger est difficilement traduisible en français. C'est l'équivalent de coureur ou batteur de buissons. Dans le cas qui nous occupe, il s'agit des évadés des bagnes australiens qui, postés sur la lisière des bois et des forêts, arrêtaient et dévalisaient les voyageurs qui s'attardaient dans ces parages.
L'ouvrage en question s'occupe donc en grande partie des forçats évadés. Dans les descriptions du bagne, l'auteur est arrivé au dernier degré de la férocité dans l'application des peines corporelles. Et j'ai tout lieu de croire que rien n'est exagéré.
Je vais maintenant m'efforcer de résumer quelques parties de ce livre.
Les punitions des forçats atteignaient le plus haut point de sauvagerie.
La moindre peccadille était punie de fort douce façon, à coups d'un instrument appelé Chat-de-voleurs, et auprès duquel le Chat-à-neuf-queues n'est que jeu d'enfant.
L'auteur de l'ouvrage que je cite est d'avis que l'emploi de cet instrument était plutôt nuisible, tant au physique qu'au moral.
Chose curieuse: les soldats gardiens des forçats étaient soumis à une discipline plus sévère encore et l'on vit des malheureux commettant délibérément les plus grosses fautes pour changer leur sort en celui de forçats! Si ces derniers montraient une conduite empreinte à l'égard des supérieurs d'obséquiosité et de bassesses, ils voyaient leur sort s'adoucir considérablement; si, par malheur, les prisonniers essayaient de montrer de l'indépendance—indépendance forcément relative—il n'y avait pas de répit pour eux jusqu'à la mort qui avait souvent lieu sur l'échafaud.