Battu et ridiculisé.—Montluçon.—Il existe à Montluçon une vieille et originale coutume locale qui veut que tout mari qui se laisse battre par sa femme soit promené par la ville la tête coiffée d'un bonnet de coton, une quenouille en main en guise de sceptre et monté à l'envers sur un âne.

Cette pratique quelque peu comique est toujours en vigueur. Aussi, avant-hier soir, vers six heures, à la sortie des usines, plus de trois mille personnes se trouvaient-elles sur le pont Saint-Pierre et aux abords pour voir passer un cortège de mari battu.

Le patient était un ouvrier d'usine, à qui sa femme avait donné une maîtresse gifle à la suite d'une querelle conjugale, et à qui ses camarades d'atelier appliquaient la peine encourue en pareil cas, suivant le rite usité.

Le malheureux, cavalcadant à l'envers sur un âne de marinier, le chef ceint d'un casque à mèche et portant dans le dos une pancarte infamante, où étaient écrits ces mots: «Battu par sa femme et content,» fut promené par toute la ville, essuyant les lazzis les plus sanglants d'une foule sans pitié.

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Bien d'autres auteurs ont agité cette question, mais les citer tous m'écarterait sensiblement de mon programme.

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A l'ombre.—Traduit pour la première fois de l'Anglais pour la Société des Bibliophiles, 1 volume, in-18o papier vergé. (Édité à 10 francs.)

Dans son prospectus, l'éditeur de cet ouvrage dit:

«Il est assez délicat de donner une idée du livre, vu sa nature ultra-légère. Contentons-nous de dire que ceux que ne choquent pas les robes qui se retroussent et les cotillons qui découvrent ce qu'ils devraient cacher, ceux-là, disons-le, trouveront leur compte dans ce volume singulièrement pimenté. Est-il besoin d'ajouter que l'application de la verge et de la main sur d'affriolantes rondeurs y joue un rôle prépondérant; c'est un des traits caractéristiques de cette sorte de littérature, et, dans cet ouvrage, c'est pour ainsi dire à chaque page que se manifeste ce goût étrange dont tant d'ouvrages sérieux ont affirmé et commenté l'existence.»

Les Loups de Paris, par Jules Lermina[56].—Ce n'est pas sous un titre semblable que l'amateur d'ouvrages sur la flagellation, penserait trouver une terrible scène de fustigation. Le hasard—qui fait parfois bien les choses au profit des bibliomanes—m'a fait rencontrer ce livre qui, à première vue, semble être un roman-feuilleton fort banal. En le feuilletant, j'y ai trouvé quelques études intéressantes, où le document n'est pas dédaigné, mais l'auteur, obéissant aux lois inexorables de la compréhension populaire, a dû mettre sa tâche à la hauteur de Mme Pipelet qui s'en est donnée à cœur joie: des massacres, cambriolages, vols avec effractions, assassinats: «O ma chère! c'est palpitant.»

[56] Grand in-8o, avec un frontispice en couleurs (grande chromolithographie pliante).

Arrivons au passage qui nous intéresse. Il s'agit d'une tentative d'évasion dans un bagne. Le forçat coupable est condamné à recevoir cinquante coups de bâton. Je cite textuellement: