Traité du fouet, et de ses effets sur le physique de l'amour, ou aphrodisiaque externe.—Ouvrage médico-philosophique, suivi d'une dissertation sur les moyens d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D… (Doppet) médecin, 1788, 1 vol. in-18 de 108 pages, plus 18 feuillets préliminaires.

Le Traité du fouet est une imitation plagiaire du traité de Meibomius, dont j'ai déjà parlé. Ici tout est libertinage et satire grossière. Le lecteur n'y apprendrait rien d'utile; en revanche, il y peut trouver les moyens de ruiner sa santé, car l'ouvrage contient une pharmacopée très étendue des plus actifs aphrodisiaques, réduits en électuaires formulés, suivie d'une liste raisonnée des plantes analogues à la vertu de ses récipés.

J'ai sous les yeux une réimpression de ce volume qui porte: Londres, 1891. Cette édition est précédée d'une notice bibliographique dont je cite quelques passages intéressants:

L'auteur du Traité du fouet est François-Amédée Doppet, médecin, littérateur et général français, d'origine savoisienne, né a Chambéry en mars 1753, et mort à Aix (Savoie) vers l'an 1800. Sauf Quérard, France litt. et la Biogr. génér. de Hœfer qui donnent l'énumération exacte de ses nombreux ouvrages, il n'est guère brièvement cité par les autres biographes, que pour l'ouvrage qui nous occupe.

La première édition a pour titre: Aphrodisiaque externe, ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour, ouvrage médico-philosophique suivi d'une dissertation sur tous les moyens capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D***, sans lieu d'impression (Genève) 1788, in-18 (disent Brunet, Graesse et le comte d'I***), in-16 (disent Barbier, Quérard et Hœfer) de 158 pages.

Il est à remarquer que tous les biographes indiquent Genève comme lieu d'impression, tandis que la Bibliographie du comte d'I***, seule, indique Paris.

La Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, etc. Turin et San Remo, 1871-1873, en annonçant, au Traité du fouet, une figure-frontispice, qui n'a jamais existé que dans l'imagination un peu vagabonde des éditeurs, ajoute que le Médecin de l'amour paru à Paphos (Paris) en 1787, in-8o, est un essai du même ouvrage. C'est une profonde erreur. Le Médecin de l'amour, est tout simplement une véritable histoire médico-romanesque n'ayant aucun point de ressemblance avec le Traité du fouet.

*
* *

Il se rencontre aussi des exemplaires de cette édition originale portant un titre ainsi libellé: Traité du fouet, ou Aphrodisiaque externe, etc. A Paris, chez les marchands de nouveautés.

Une réimpression à très petit nombre a eu lieu à Paris ou à Lille, au commencement de ce siècle (1820 à 1825). Cette édition contient 108 pages, la table comprise; elle porte sur le titre, pour épigraphe, un passage latin, tiré de l'ouvrage de Meibomius. Elle est bien imprimée, son bon papier ordinaire collé, d'une teinte légèrement bleuâtre.

*
* *

Il est à remarquer que la seconde partie de cet ouvrage, intitulée: Dissertation sur tout les moyens capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, ne fait point partie essentielle du Traité du fouet. C'est plutôt une pharmacopée aphrodisiaque très curieuse.

Aussi cette partie a-t-elle été détachée de l'ouvrage et reproduite avec des annotations, depuis peu, à l'étranger.

On y a même joint un frontispice très épicé, dont l'allégorie, aussi frappante qu'ingénieuse, rappelle d'une façon toute gaillarde, le souvenir des Fleurs animées de Granville.

Histoire des Flagellans, où l'on fait voir le bon et le mauvais usage des Flagellations parmi les chrétiens, par des preuves tirées de l'Écriture sainte, etc., traduit du latin de M. l'Abbé Boileau, docteur de Sorbonne (par l'abbé Granet), Amsterdam, chez Henri Sauzet, 1732 (1 vol. in-12).

Diverses éditions en latin, français et anglais.

—Tout est vraiment digne d'attention dans ce livre, publié vers la fin de l'année 1700, par l'abbé Boileau, frère du célèbre Despréaux. Cet excellent écrit que l'abbé Irailh, a eu le grand tort d'appeler un livre saintement obscène traduit en français dès 1701, puis en 1732 par l'abbé Granet, l'éditeur des œuvres du savant de Launoy, n'excita pas moins, quand il paru une grande rumeur parmi les moines, les théologiens et surtout chez les jésuites, soit à cause des opinions jansénistes imputées à l'auteur, soit par une suite de cette déplorable prédilection que les jésuites ont toujours eue pour la discipline d'en bas. Le père du Cerceau et l'infatigable controversiste Jean-Baptiste Thiers, curé de Vibraye, s'emportèrent cruellement contre l'abbé Boileau. De leur côté les moines et les moinesses firent grand bruit. Mais de réfutation concluante, il n'en parut aucune.

L'abbé Boileau poursuit, en dix chapitres, la flagellation, spécialement la flagellation volontaire, depuis son origine jusqu'à son époque, sous toutes ses formes et ses prétextes, comme une indigne coutume née du paganisme et de l'esprit de libertinage.

Ne fait-il pas beau voir le père Girard donnant la discipline à la belle Cadière, pour commencement de satisfaction, et cela, parce que liberté pareille a été prise, sans encombre de chasteté, par saint Edmond, Bernardin de Sienne, et par le capucin Mathieu d'Avignon?

A en juger par la nature humaine, qui est la même partout, la flagellation du christianisme n'a pas eu d'avantages sur celle des lupercables, et dans le nombre des dévotes fouettées, nous avons dû avoir autant de femmes compromises que les Romains.