J'appris par la suite que cette préparation était en usage dans les harems d'Orient et donnait à la peau un velouté exquis.
Lorsque tout fut prêt, elle me déshabilla et me passa l'éponge sur tout le corps, vantant en même temps l'harmonie de mes formes et la blancheur de ma peau.
Puis elle me sécha avec des serviettes très douces et me massa de la tête aux pieds, froissant légèrement la chair entre ses doigts. Mon corps devenait extrêmement souple, et ma peau devenait d'un blanc laiteux immaculé.
Dinah m'habilla ensuite, portant ses plus grands soins aux linges de dessous. Elle me passa une chemise garnie de guipures et de rubans bleus et blancs, puis un pantalon avec des dentelles roses. Une paire de bas de soie blanche me fut attachée au-dessus du genou avec d'élégantes jarretières de satin bleu, ornées de boucles d'argent.
Lorsque j'eus aux pieds mes plus fins souliers, elle me fit mettre mon corset qu'elle sangla fortement et, finalement, me passa une délicieuse robe blanche. Elle m'avait fait une coiffure très haute qui me seyait à merveille. Ces préparatifs achevés, elle recula de quelques pas et, satisfaite sans doute de son examen, elle s'écria:
—Vous très belle, li Massa li content y baillé moi compliments.
Dinah savait très bien dans quel but elle m'avait ainsi parée, mais elle ne comprenait pas pourquoi j'étais si émue.
Elle n'était pas vertueuse, et comme toutes ou presque toutes les femmes de couleur, elle était de mœurs faciles et d'idées peu austères. De plus, je crois qu'elle m'estimait heureuse d'avoir attiré l'attention du maître, qui était à ses yeux un très important personnage.
Ces apprêts terminés, elle me fit descendre dans le salon, pour attendre l'arrivée de Randolph.
Je m'installai dans la grande pièce, brillamment illuminée pour cette circonstance et, à peu près résignée à mon sort, j'attendis le cœur gros l'homme qui allait me ravir ma virginité.