En 1662, un nommé Josiah Southick, dont les parents avaient été chassés de Boston, retourna dans cette ville. Arrêté immédiatement et attaché demi-nu à une charrette, il fut traîné dans les rues de Boston et fouetté sur tout le parcours, puis reçut la même punition à Rocksbury et le lendemain à Dedham, après quoi on le relâcha. Le fouet qui servit à cette exécution, manié à deux mains par le bourreau, était formé de cordes de boyaux, séchées puis nouées, et fixées à un long manche. La souffrance endurée par le patient fut vraiment terrible.

A Dover (New England), trois femmes, Anne Coleman, Mary Tomkins et Alice Ambrose furent condamnées à la peine du fouet. C'est un curieux document que l'arrêt de prise de corps qui fut lancé contre elles, après la sentence. Le voici:

«Les constables de Dover, Hampton, Salisbury, Newbury, Rowley, Ipswich, Wenham, Lynn, Boston, Roxbury, Dedham, sont requis, au nom du Roi, de s'emparer des Quakeresses (ici les trois noms suivaient), de les attacher à une charrette, et les conduisant à travers leurs villes respectives, de les fouetter sur leurs dos nus, avec un maximum de dix coups par ville; et de les conduire ainsi de commune en commune jusqu'à ce que les condamnées soient hors de cette juridiction, et les constables sus-désignés sont responsables de la bonne exécution de cette sentence.

Fait à Dover, par moi, Richard Malden, ce 22 décembre 1662.

Le sinistre cortège commença par une froide journée de décembre, et les trois malheureuses subirent leur peine stoïquement, excitant sur leur passage la pitié de quelques-uns de leurs doctrinaires. Ces derniers furent immédiatement mis au pilori.

Douces mœurs!…

L'une de ces trois femmes, Anne Coleman, fut de nouveau flagellée à Salem, avec quatre de ses amies. L'instrument employé alors était le chat à neuf queues.

Un nommé Wharton, ayant eu l'imprudence d'aller visiter les victimes dans leur prison, il fut décrété à son égard l'arrêt suivant:

«Aux Constables de Boston, de Charlestown, de Malden, de Lynn.

«Vous êtes requis respectivement.

«D'appréhender en sa propre demeure Edward Wharton, convaincu de vagabondage. Le constable de Boston devra lui appliquer trente coups de fouet sur le corps mis préalablement à nu.

«De le faire passer de commune en commune jusqu'à Salem, qu'il prétend être son lieu de résidence, en le fustigeant comme ordonné.

«La présente vous servira de mandat.

«Boston, le 30 juin 1664.»

Nous citerons encore un cas. C'est celui d'Anne Needham, qui, appartenant à la secte des quakers, fut mise à l'amende à Boston. N'ayant pu payer cette amende, cette femme fut fustigée cruellement et subit courageusement sa peine sans pousser un seul cri.

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