—Oh! massa, criait celle-ci, étendant les bras en sanglotant, vous pas baillé batte à ma, baillé ma fessade avec courroie ou baguette, mais pas baillé batte…
—Étendez-la, commanda Randolph.
En un instant, elle fut solidement ligotée sur le chevalet, et ses jupes relevées.
Randolph prit la batte, et se plaçant à la gauche de la coupable, lui dit:
—Maintenant, chienne, je vais recouvrer sur votre peau les quatre cents dollars que m'a coûtés votre évasion.
Puis il leva la batte aussi haut qu'il le put. Dans l'attente du coup, la femme avait frissonné, serrant les jambes. L'instrument retomba, claquant comme un coup de fouet, sur la partie supérieure de la fesse gauche. Sophie remua convulsivement, et poussa un long cri de douleur. Une large marque rouge était apparue sur la peau. Le second coup tomba à gauche et fut suivi d'un nouveau cri et d'une nouvelle marque.
Georges continua de frapper rudement, visant alternativement à droite et à gauche un endroit nouveau. Le supplice prit fin. Le châtiment avait été terrible; Randolph jeta la batte et ordonna à Dinah de délivrer la femme qui, sitôt détachée, roula à terre en proie à la plus affreuse douleur.
Je remarquai que les femmes présentes, habituées à la vue de semblables corrections, n'étaient nullement émues par cette scène de sauvagerie.
Les semaines s'écoulaient sans grand changement dans notre existence. La guerre battait son plein et les troupes nordistes approchaient; les fédéraux étaient entrés en Virginie et n'étaient plus qu'à peu de distance de Woodlands.
Puis eut lieu la bataille de Bull-Run, perdue par les Nordistes. Quand la nouvelle de la victoire des confédérés nous parvint, Randolph ne me cacha pas sa joie. J'étais désolée de cette défaite, mais je ne tardais pas à reprendre courage, dans l'attente d'autres victoires de mes compatriotes.