—Vos larmes sont superflues, la belle; nous n'en agirons pas différemment pour cela, dit celui qui paraissait le plus âgé des trois; puis se tournant vers ses sombres compagnons:
—Allez, camarades, déshabillez la donzelle, et attachez-la.
Et malgré mes cris et ma résistance, je me trouvai en un instant nue et ligottée aux quatre coins d'un lit.
Ils commencèrent à m'examiner, admirant à haute voix ma peau et la finesse de mes formes, surenchérissant sur des particularité que j'eusse voulu cacher et se décidèrent enfin à commencer leur monstrueuse besogne.
Ils tirèrent au sort ma possession; mais, hélas! je n'en devais pas moins subir les assauts répétés de chacun d'eux; tous les trois me violèrent…
Je ne puis vous raconter les horreurs que j'ai supportées. J'étais à moitié morte de dégoût; une sueur froide ruisselait sur mon front; et j'étais toute meurtrie, leur façon d'aimer étant faite de brutalité immonde et de rudesse infâme.
Ils délièrent enfin mes membres: les courroies avaient laissé des marques rouges sur ma peau brûlée de leurs monstrueuses caresses.
Je m'habillai péniblement, et m'étendis sur le lit grossier cherchant un peu d'oubli dans le sommeil. Mais quoique physiquement et moralement éreintée, je ne pus fermer l'œil.
Je n'oublierai jamais les tortures de cette épouvantable nuit. J'avais une peur affreuse que ces individus voulussent me garder avec eux.
Le jour vint pourtant, et les rayons du soleil levant glissèrent par les trous des claies qui fermaient la cabane.