— Donnez-moi le dernier roman de Delly, dit-il.

Puis il ajouta avec un sourire satisfait :

— Comme cela, je suis bien sûr de ne pas m’attraper.

Quelques minutes après, nous étions dans la rue.

Toujours ambitieux de m’instruire, je m’informai auprès de Calixte du mouvement intellectuel lyonnais. Je n’ignorais pas qu’il avait été fort brillant dans le passé et notamment au seizième siècle.

— L’œuvre de vos écrivains, lui dis-je, qui reflète certainement vos préoccupations morales, doit être bien curieuse. Je vous serais reconnaissant de me la faire connaître.

— Nous ne manquons pas de fins lettrés, me répondit Calixte, mais je serais embarrassé de vous faire connaître leurs travaux. Le souci des affaires…

— Mais vos poètes, vos romanciers ? l’interrompis-je.

— Je n’en connais guère qui méritent ce nom…

— Hé quoi, pas un poète dans la patrie de Louise Labé, pas un romancier ! Indiquez-moi, du moins, la grande revue intellectuelle lyonnaise ?