je retournai à la Dame aux bas souris.
Désireux de cacher le plus possible ma faiblesse, j’avais pris un troisième rang de première galerie. On ne pouvait pas avoir été plus mal inspiré. Obéissant sans doute aux mêmes scrupules, Calixte, oui, Calixte, s’était juché au cinquième rang des mêmes galeries, derrière un gros pilier. Nous nous aperçûmes, nous nous reconnûmes, mais nous ne nous vîmes pas. Dès la fin du premier acte, je m’enfuis par la porte de gauche, et je crois bien que Calixte fit de même par la porte de droite. Ah ! qu’il me parut lourd, ce soir-là, le joug de la considération !
Le hasard voulut que, le lendemain, je rencontrasse Calixte. Jamais je ne l’avais vu aussi guindé, aussi solennel. Il m’aborda avec circonspection et me tint, un quart d’heure durant, les propos les plus dénués d’optimisme. Je crus convenable de lui répondre sur le même ton. Il en parut extrêmement satisfait. Son visage soupçonneux s’éclaira. En me quittant, il me serra la main avec une insistance, une cordialité toute particulière, et ses derniers mots furent pour m’inviter à dîner chez lui, le soir même.
CHAPITRE VI
DE LA FAIBLESSE HUMAINE
Adieu, Lyon qui ne mords point,
Lyon, plus doux que cent pucelles,
Sinon quand l’ennemi te poinct ;
. . . . . . . . . . .
Adieu, cité de grand valleur,
Et citoyens que j’aime bien…