Elle s’éloigna. Je la vis s’approcher de M. Taffarel qui lui tapota le menton. Ce fut à ce moment précis que je pris la résolution de me faire Lyonnais.
Il était un peu plus de minuit quand Mme Arsène Jutet, la première, se leva. Tout le monde, aussitôt, l’imita.
Précédé de Calixte, qui brandissait un gigantesque candélabre à six branches, nous descendîmes l’escalier en file indienne. Mme Greillon-Delamotte avait bien voulu accepter mon bras. Durant la descente, nous croisâmes, comme à l’ordinaire, quelques gros matous en goguette. Déjà le brouillard nocturne nous chatouillait les narines et la gorge. Nous toussions et éternuions à qui mieux mieux…
J’obtins la faveur inespérée d’accompagner Mme Greillon-Delamotte jusque chez elle.
CHAPITRE VIII
DE LA VÉRITABLE AMITIÉ
« Toutes mes félicitations, mon cher Philippe, me disait Calixte quelques jours plus tard, vous avez beaucoup plu. Ma tante Greillon-Delamotte m’a parlé de vous en termes particulièrement flatteurs. »
— Hélas ! répondis-je, je n’ai été que pleurard et stupide.
— Hé bien ! cette stupidité ne vous a pas desservi, au contraire. On l’a attribuée à une émotion bien naturelle, à un sentiment de déférence et de modestie tout à fait explicable…
— Ah ! Calixte, on aurait pu l’attribuer plus justement à l’amour.
— A l’amour ?