— Sept cent cinquante francs par mois, répondis-je, sans parler d’une honnête gratification au jour de l’an.
— Hé ! hé ! C’est déjà bien joli. Ha ! ha ! les employés sont bien payés de nos jours. Ho ! Ils peuvent vivre largement !
Puis, le sourire aux lèvres, il me glissa négligemment dans le tuyau de l’oreille :
— Cher, Mlle Vernon a huit cent mille francs de dot.
Une confidence en appelle une autre :
— Cher, répliquai-je, j’en ai cinq cent mille bien à moi et, comme le disent les Américains, n’étant ni aveugle, ni manchot, je vaux bien quelques milliers de dollars.
— Plaisanterez-vous donc toujours ? me demanda Calixte en s’arrêtant.
— Comment ? Mais c’est vous le plaisantin ! m’écriai-je soudainement irrité. Que signifient ces : « Hé ! hé ! c’est bien joli. Ha ! ha ! les employés… et tous ces ho ! ho ! impertinents ? »
— Vous avez cinq cent mille francs ? reprit Calixte, déconcerté et rougissant.
Je me sentais, à vrai dire, tout disposé à le fouailler de quelques vertes répliques, mais je réfléchis qu’une correction ne le rendrait peut-être pas très favorable à mes desseins. Et puis il me pressait le bras d’une manière beaucoup plus amicale.