Je dis moi-même; c’est beaucoup avancer, car, je dois le confesser, si ma bête eût dû compter sur mon exactitude pour faire ses repas à heure fixe, elle eût pu éprouver quelques déceptions à ce sujet.

Mais n’ai-je pas dans l’électricité et la mécanique des auxiliaires intelligents, et sur le service desquels je puis compter?

L’écurie est distante d’une quarantaine de mètres de la maison. Malgré cet éloignement, c’est de mon cabinet de travail que se fait la distribution. Une pendule est chargée de ce soin, à l’aide d’une communication électrique. Ces fonctions ont lieu trois fois par jour et à heure fixe. L’instrument distributeur est de la plus grande simplicité: c’est une boîte carrée en forme d’entonnoir, versant le picotin dans des proportions réglées à l’avance.

—Mais! me dira-t-on, ne peut-on pas enlever au cheval son avoine aussitôt qu’elle vient de tomber?

Cette circonstance est prévue; le cheval n’a rien à craindre de ce côté, car la détente électrique qui fait verser l’avoine ne peut avoir son effet qu’autant que la porte de l’écurie est fermée à clef.

—Mais le voleur ne peut-il pas s’enfermer avec le cheval?

—Cela n’est pas possible, attendu que la serrure ne se ferme que du dehors.

—Alors on attendra que l’avoine soit tombée pour venir à soustraire.

—Oui, mais alors on est averti de ce manége par un carillon disposé de manière à se faire entendre au logis, si on ouvre la porte avant que l’avoine soit entièrement mangée par le cheval.

La pendule dont je viens de parler est chargée, en outre, de transmettre l’heure à deux grands cadrans placés, l’un au fronton de la maison, l’autre au logement du jardinier.