—Madame, dis-je d’un ton confidentiel, le maléfice que nous allons accomplir exige que je sache le nom de la personne, veuillez donc me le dire.

—Julien, fit-elle d’une voix émue.

Alors, avec toute la gravité d’un véritable sorcier, j’enfonçai solennellement une épingle dans une bougie allumée, en feignant de prononcer mystérieusement quelques paroles cabalistiques. Après quoi, soufflant la bougie et me tournant vers la pauvre insensée:

—Madame, lui dis-je, c’en est fait; votre vœu est accompli.

—Oh! merci, Monsieur, s’écria-t-elle avec l’expression de la plus profonde reconnaissance.

En même temps elle déposa une bourse sur mon bureau et s’élança dehors.

Je donnai ordre à mon domestique de suivre cette dame jusqu’à sa demeure, de prendre sur elle tous les renseignements qu’il pourrait se procurer, et de me les rapporter immédiatement.

J’appris que mon inconnue était veuve, depuis peu, d’un mari qu’elle adorait et dont la perte avait troublé sa raison.

Dès le lendemain, je me rendis dans sa famille, et remettant la bourse dont j’étais le dépositaire, je racontai la scène dont le lecteur vient de lire les détails.

Cette scène, et plusieurs autres qui l’avaient précédée ou qui la suivirent, durent me forcer à prendre des mesures pour me garantir des importuns de toute nature.