»Il a su remuer nos cœurs, étonner nos esprits, en nous montrant les faits surprenants de sa science merveilleuse. Nos yeux n’avaient jamais été fascinés par de tels prodiges. Ce qu’il accomplit ne saurait se décrire, nous lui devons notre reconnaissance pour tout ce dont il a délecté nos regards et nos esprits; aussi notre amitié pour lui s’est-elle enracinée dans nos cœurs comme une pluie parfumée, et nos poitrines l’enveloppent-elles précieusement.
»Nous essayerions vainement d’élever nos louanges à la hauteur de son mérite; nous devons abaisser nos fronts devant lui et lui rendre hommage, tant que la pluie bienfaisante fécondera la terre, tant que la lune éclairera les nuits, tant que les nuages viendront tempérer l’ardeur du soleil.
»Ecrit par l’esclave de Dieu,
»ALI-BEN-EL-HADJI MOUÇA.»
«Pardonne-nous de te présenter si peu, etc...» Suivent les signatures et les cachets des chefs de tribus.
Au sortir de cette cérémonie et après que les Arabes nous eurent quittés, le Maréchal-Gouverneur, que je n’avais pas vu depuis mes représentations, voulant me donner une idée de l’effet qu’elles avaient produit sur l’esprit des indigènes, me cita le trait suivant:
Un chef Kabyle, venu à Alger pour faire sa soumission, avait été conduit à ma première représentation.
Le lendemain, de très bonne heure, il se rend au palais et demande à parler au Gouverneur.
—Je viens, dit-il au Maréchal, te demander l’autorisation de retourner tout de suite dans ma tribu.
—Tu dois savoir, répond le Gouverneur, que les formalités ne sont pas encore remplies, et que tes papiers ne seront en règle que dans trois jours; tu resteras donc jusqu’à cette époque.