Madagascar, que les Portugais nommèrent d'abord Saint-Laurent, est une des plus grandes îles du monde. Elle offre un grand nombre de productions utiles au besoin de la vie. Le bétail y est abondant. Les bords de la mer sont en général riches en bois et insalubres. On voit dans l'intérieur de vastes plaines bien cultivées; l'air y est frais et plus sain. Une double chaîne de montagnes, hautes de douze cents à dix-huit cents toises, la parcourt du nord au sud. Sur les hauteurs on éprouve, depuis juin jusqu'en septembre, un froid très-vif. On parle de volcans en activité dans sa partie septentrionale. Au dix-septième siècle, les Français avaient formé un établissement nommé le fort Dauphin, qu'ils ont ensuite abandonné.
À l'est de Madagascar on trouve l'île Bourbon occupée par les Français. Elle fut d'abord nommée Mascaregnas par les Portugais. Deux montagnes volcaniques, dont une est en activité, semblent composer toute sa surface. Elle produit du café excellent. On y cultive aussi le girofle et le froment.
L'Île de France, encore plus à l'est, a été cédée aux Anglais. Ils lui ont rendu le nom d'île Maurice qui lui avait été donné par les Hollandais, ses premiers habitans. Elle est montueuse et moins fertile que Bourbon.
L'île Diégo Rodriguez n'est habitée que par quelques familles. Elle fournit l'Île de France de tortues.
D'anciennes cartes indiquent à l'est et au sud de ces îles d'autres terres dont l'existence n'a pas été suffisamment constatée.
Les îles Saint-Paul et Saint-Pierre, dont la dernière a aussi pris le nom d'Amsterdam, offrent l'aspect de deux cratères de volcans placés au milieu de la mer. Celui de Saint-Paul jette encore du feu et de la fumée. Les navigateurs fréquentent quelquefois ces îles pour y chercher des phoques.
Dix degrés plus au sud on rencontre la terre de Kerguelen, que nous décrirons plus tard.