Le brave hollandais le saisit par le crinière, et lui enfonça le poing dans le gosier.
Un officier hollandais, campé avec son corps de troupes, jugea pendant la nuit, au mouvement extraordinaire des chevaux, que son camp était menacé de quelque bête féroce. Toutes les sentinelles furent averties de se tenir sur leurs gardes. Il y en eut une qui ne répondit point. On fit avancer aussitôt un gros de soldats, qui, trouvant un mousquet à terre, continuèrent de marcher vers quelques rochers voisins, où ils découvrirent un lion monstrueux qui faisait sa curée de leur compagnon. Tout le camp prit l'alarme et sortit pour l'attaquer; mais le monstre était si bien défendu dans le creux d'un rocher, que trois cents coups de fusil ne purent ni le blesser ni lui causer d'effroi. Le jour suivant, les Hollandais furent joints par un parti de Hottentots qui le tuèrent bientôt avec leurs zagaies.
On voit aussi dans les pays des Hottentots, le léopard, le chat-tigre ou serval du Cap, l'hyène tachetée, le surikate, la taupe dorée, les rats-taupes; le ratel, la gerboise de Cap, le daman, le porc-épic, le rat nain, le sanglier d'Éthiopie, l'hippopotame, la girafe, le zèbre, le couagga, le buffle, diverses espèces d'antilopes et de singes, enfin l'oryctérope.
Le surikate ressemble à la mangouste: la couleur de son poil offre un mélange de brun, de noir, de jaunâtre et de blanc; sa longueur est d'un pied. C'est un joli animal, très-vif et très-adroit; ses pates de devant lui servent, comme à l'écureuil, pour porter sa nourriture à sa gueule. Il cherche les serpens et les oiseaux; il est très-friand d'œufs. Son urine a une odeur très-forte. Les Hottentots le nomment zenik.
Les Hollandais ont donné le nom de stinkende-daas, ou blaireau puant, au ratel. Cet animal a plus de quatre pieds de long jusqu'à l'extrémité de la queue; ses pieds sont armés d'ongles crochus; son poil est en général de couleur noire, mêlée de cendré dans quelques parties; une raie d'un gris plus clair, presque blanchâtre et large d'un pouce, s'étend depuis ses oreilles jusqu'à l'extrémité de sa queue. Cet animal, très-friand de miel et de cire, a une manière particulière de découvrir les retraites des abeilles et de les y attaquer. Celles-ci construisent leurs ruches dans des trous creusés par divers animaux, tels que les damans, les gerboises, les porcs-épics, les taupes, qui les ont ensuite abandonnés. Le ratel s'assied, dit-on, sur son derrière, tenant une de ses pates devant ses yeux pour rompre les rayons trop vifs du soleil, qui lui blesseraient la vue, et pouvoir distinguer plus clairement l'objet qu'il cherche; car c'est surtout au déclin du jour qu'il épie sa proie. Lorsqu'il voit voler quelques abeilles, il sait qu'alors elles gagnent droit leur demeure; il les suit. Ses longues griffes, dont il fait usage pour se loger sous terre, lui servent à miner en dessous les ouvrages des abeilles. On prétend aussi qu'il a la sagacité, de même que les Hottentots et les Cafres, de suivre l'oiseau nommé indicateur, qui conduit les personnes qui vont à sa piste aux nids des abeilles, posés dans le creux des arbres. Ces nids sont hors des atteintes du ratel qui, de dépit de voir ses recherches et sa découverte inutiles, a coutume de mordiller le pied de l'arbre. Ces morsures sont pour les Hottentots un signe certain que l'arbre renferme un nid d'abeilles. La peau du ratel est très-épaisse et d'un tissu fort lâche; c'est pourquoi il est insensible à la piqûre des abeilles. Cet animal, étant pourvu de dents très-fortes et très-tranchantes, se défend très-bien contre une meute entière de chiens, et se tire souvent même d'un semblable assaut sans avoir reçu un seul coup de dent.
La gerboise du Cap a reçu des Hollandais le nom de sprengende-haas ou lièvre sauteur. Cet animal, décrit par Buffon sous la dénomination de grand-gerbo, est de la taille d'un lièvre. Ses pieds de derrière sont trois fois plus longs que ceux de devant. Il vit dans les montagnes et s'y creuse des terriers, où il reste caché pendant le jour, et dont il ne sort que le soir pour aller pendant la nuit rôder et chercher sa nourriture, qui consiste en racines et en grains.
Le daman, appelé par les Hollandais klip-daas ou blaireau de rocher, est de la taille d'un lapin, mais plus gros et plus ramassé. Il fait son nid dans les fentes des rochers, où il se compose un lit de mousse et de feuilles qui lui servent de nourriture. Cet animal s'apprivoise aisément. On assure que sa chair est bonne à manger.
On distingue deux espèces de rats-taupes, le grand et le petit. Le premier est long d'un pied, le second de sept pouces. Leur corps est cylindrique; ils ont les pates très-courtes, le poil doux, épais, d'un brun roussâtre sur le dos, blanc par-dessous, les yeux très-petits. Ils sont très-multipliés dans les terres sablonneuses; ils forment de vastes taupinières, ce qui rend dangereux pour les chevaux les lieux où ils sont communs, parce que ces animaux y enfoncent jusqu'aux genoux. Les rats-taupes ne courent pas vite, mais sont très-alertes à creuser la terre; ils mordent très-fort quand on les irrite. Ils se nourrissent principalement de racines de glaïeul, d'iris, etc. Leur chair est, dit-on, fort bonne.