»Dix-huit jours que nous passâmes dans le repos et l'abondance rétablirent parfaitement notre santé. Nous partîmes dans l'intention réelle de nous rendre à Nankin, dont nous étions éloignés de cent quarante lieues, et de nous y embarquer pour Liampo ou pour Canton. Le soir du même jour nous arrivâmes à la vue d'un bourg nommé Suzoanganée, où la fatigue nous força de nous asseoir sur le bord d'une fontaine. Quelques habitans qui venaient y puiser de l'eau, surpris de remarquer que nos figures ne ressemblaient pas à celles du pays, s'en retournaient avec des marques de frayeur ou d'admiration, qui attirèrent bientôt autour de nous une partie des habitans. Après nous avoir regardés long-temps sans oser s'approcher, ils nous firent demander ce qui nous amenait dans leur pays. Nous nous donnâmes, comme nous l'avions déjà fait, pour des marchands siamois qui se rendaient à Nankin. Cette réponse leur parut si peu suspecte, qu'ils nous laissèrent la liberté de nous reposer; mais ils avaient eu le temps de faire avertir un de leurs prêtres qui, sortant du bourg, vêtu d'une longue robe de damas rouge, vint à nous jusqu'à la fontaine, avec une poignée d'épis de blé dans la main. Il nous ordonna de mettre les mains sur les épis; nous le satisfîmes volontiers, dans le dessein de nous concilier son affection et celle des habitans. «Par ce serment, nous dit-il, que vous faites en ma présence sur ces deux substances d'eau et de pain, que le ciel a formées pour la conservation de tout ce qui existe au monde, il faut que vous me confessiez s'il est vrai que vous soyez des marchands étrangers qui vont à Nankin. À cette condition, nous vous accorderons la liberté de passer la nuit dans ce lieu, conformément à la charité que nous devons aux pauvres. Au contraire, si vous n'êtes pas tels que vous l'avez dit, je vous commande de la part du ciel de vous éloigner sur-le-champ, sous peine d'être mordus et dévorés par les dents du serpent qui fait sa demeure au fond de l'abîme enfumé.» Nous confirmâmes notre récit sans balancer. Aussitôt, se tournant vers le peuple qui l'accompagnait, il déclara qu'on pouvait nous traiter avec indulgence, et qu'il en accordait la permission. Nous fûmes conduits dans le village, et logés sous le portail du temple, où nous reçûmes en abondance tout ce qui était nécessaire à nos besoins.
»Ces exemples d'humanité nous rassurèrent beaucoup sur les dangers d'une longue route. Nous quittâmes Suzoanganée pour nous rendre à Chiangulay, qui n'est qu'à deux lieues; mais nous eûmes bientôt l'occasion de nous défier du jugement favorable que nous avions porté des Chinois. En approchant du lieu où nous comptions passer la nuit, nous nous reposâmes sous un arbre, où notre malheur nous fit trouver trois hommes qui gardaient un grand nombre de vaches, et qui ne virent pas onze étrangers sans être alarmés pour leur troupeau. Ils se mirent à pousser des cris qui firent sortir tous les habitans armés de bâtons et de pierres. Dans leurs premiers transports nous fûmes blessés de plusieurs coups; et cette chaleur n'ayant fait qu'augmenter à notre vue, parmi des furieux qui ne reconnaissaient point les traits du pays sur notre visage, ils nous lièrent les mains derrière le dos, et nous emmenèrent prisonniers dans le bourg. Nous faillîmes d'y être assommés. On nous plongea dans une citerne d'eau pourie, qui était remplie de sangsues. Nous y étions jusqu'à la ceinture, et pendant deux jours nous y restâmes sans aucune sorte d'alimens. Enfin le ciel amena de Suzoanganée un habitant qui nous y avait vus. Il apprit notre disgrâce; il fit honte à nos ennemis de nous avoir pris pour des voleurs; et, sur son témoignage, on nous délivra de notre prison, tout sanglans de la morsure des sangsues. Nous partîmes fort irrités, sans vouloir entendre les excuses par lesquelles on s'efforça de nous consoler.
»Le lendemain, après avoir passé la nuit sur un peu de fumier, nous découvrîmes du haut d'une colline, dans une grande plaine remplie d'arbres, une fort belle maison qui nous parut environnée de plusieurs tours, surmontées d'un grand nombre de girouettes dorées. Nous nous en approchâmes avec une sorte de respect. Bientôt nous vîmes arriver à cheval un jeune homme de seize ou dix-sept ans, accompagné de quatre valets de pied, qui portaient des oiseaux de proie sur le poing, et qui conduisaient une meute de chiens. Il s'arrêta pour nous demander qui nous étions. Nous satisfîmes sa curiosité par le récit de notre naufrage. Il parut sensible à nos infortunes; et, nous recommandant d'attendre ses ordres dans la première cour du château, il entra dans la seconde. Bientôt une vieille femme en robe fort longue, avec un chapelet pendu au cou, vint nous avertir que le fils du seigneur nous faisait appeler. Nous passâmes dans la seconde cour, qui était environnée d'un beau péristyle. Le frontispice était une grande arcade ornée de riches gravures, au milieu desquelles s'offrait un écusson d'armes suspendu par une chaîne d'argent. On nous fit monter un escalier fort large, qui nous conduisit dans une grande salle, où nos premiers regards tombèrent sur une femme d'environ cinquante ans, qui était assise sur un riche tapis. Elle avait à ses côtés deux fort belles filles, et, sous ses yeux un vénérable vieillard, couché sur un petit lit, qu'une des deux filles rafraîchissait d'un éventail. Près de lui était le jeune gentilhomme qui nous avait fait appeler; et plus loin, sur un autre tapis, neuf jeunes filles vêtues de damas blanc et cramoisi, qui s'occupaient d'un travail convenable à leur sexe. Nous nous mîmes à genoux devant le vieillard pour lui exposer notre situation. Il ordonna que nous fussions bien traités; et prenant occasion de nos disgrâces pour instruire son fils, il lui fit un discours fort touchant sur les misères humaines, et sur le bonheur qu'il avait d'en être à couvert par sa naissance et sa fortune. Ensuite, nous ayant fait donner trois pièces de toile de lin et quatre taëls en argent, il nous proposa de passer la nuit dans sa maison, parce que le jour était trop avancé pour nous mettre en chemin. Nous acceptâmes ses offres avec autant d'admiration que de reconnaissance pour une générosité dont les exemples sont rares en Europe.»
Ils continuent à voyager dans l'empire de la Chine, de pays en pays; mais n'ayant pu éviter une ville nommée Taïpol, ils y furent aperçus par un de ces intendans de justice que la cour envoie quelquefois dans les provinces, et saisis par son ordre comme des vagabonds qui pouvaient troubler la tranquillité publique. Il était arrivé dans ce canton quelques désordres dont ils furent accusés. Ils furent enfermés dans une étroite prison, où pendant vingt-six jours ils éprouvèrent les plus rigoureux traitemens. Cependant, comme le droit des sentences capitales n'appartient point aux tribunaux inférieurs, ils furent conduits par différens degrés jusqu'à la ville impériale, et condamnés enfin, suivant les usages du pays, à servir l'état en qualité d'esclaves pendant l'espace d'un an. Cette sévérité fut toujours accompagnée d'un mélange de douceur. Lorsqu'ils avaient été déchirés à coups de fouet dans leur prison, on les faisait passer dans des chambres plus commodes, où diverses personnes associées pour les exercices de charité, venaient panser leurs blessures, et ne leur refusaient aucune sorte de soulagement; mais les châtimens n'en étaient pas moins recommencés après leur guérison, et de onze qu'ils étaient encore, deux moururent dans cette alternative de caresses et de tourmens.
On les conduisit à Pékin, où ils restèrent deux mois, et le treize janvier 1544, en vertu d'une sentence du tribunal suprême, Pinto est mené avec ses compagnons dans la ville de Quansy, pour y servir pendant le temps auquel ils étaient condamnés. Il paraît qu'après avoir été justifiés des principales accusations, le seul crime qui leur attirait ce châtiment, était d'avoir pénétré dans l'intérieur de l'empire sans une permission de la cour. En arrivant à Quansy, un prince tartare, qui faisait sa résidence en cette ville, souhaita qu'ils lui fussent présentés, et, leur ayant fait diverses questions, ils les mit au nombre de quatre-vingts hallebardiers que l'empereur lui accordait pour sa garde. C'était une faveur du ciel, parce que cet emploi n'était pas pénible, et qu'outre la douceur de leur condition, ils étaient sûrs de la liberté à l'expiration du terme. Mais, tandis qu'ils attendaient une meilleure fortune et qu'ils vivaient entre eux avec une intelligence fraternelle, l'enfer, que Pinto accuse toujours de ses disgrâces, comme il fait honneur au ciel de toutes ses prospérités, leur fit trouver en eux-mêmes la source d'une infinité de nouveaux malheurs. Deux des neuf Portugais prirent querelle sur l'extraction des Mandureyras et des Fonsécas, deux illustres maisons de Portugal auxquelles ils étaient bien éloignés d'appartenir; et sans autre intérêt que celui de la dispute, ils s'échauffèrent tellement sur la prééminence de ces deux noms, qu'après s'être emportés à quelques injures, l'un donna un soufflet à l'autre, qui lui répondit par un coup de sabre, dont il lui abattit la moitié de la joue. Le blessé prit une hallebarde avec laquelle il perça le bras de son adversaire; les autres prenant parti, suivant leurs affections, dans un si ridicule démêlé, en vinrent aux mains à leur tour; et de neuf, sept furent dangereusement blessés. Ce combat ne manqua point d'attirer un grand nombre de spectateurs, entre lesquels le prince tartare accourut lui-même. Il fit saisir les Portugais, et leur ayant fait donner sur-le-champ trente coups de fouet qui furent plus sanglans que toutes leurs blessures, il ordonna qu'ils fussent enfermés dans un cachot souterrain, où ils demeurèrent chargés de chaînes l'espace de quarante-six jours. Rien ne leur fut plus sensible que les reproches qu'on leur fit essuyer. On leur répétait continuellement «qu'ils étaient sans crainte et sans connaissance du ciel, pires que des bêtes féroces, et sans doute d'un pays et d'une nation barbare, puisque avec un même langage et les mêmes usages, ils avaient été capables de se blesser et de s'entre-tuer sans raison; qu'ils méritaient d'être bannis du commerce des hommes, comme les plus dangereux serpens, et qu'ils devaient s'attendre d'être confinés dans les mines de Chabaquaï, de Sumbor ou de Lamau, lieux faits pour des monstres de leur espèce, et dans lesquels ils auraient le plaisir de hurler avec les animaux, qui n'étaient pas plus farouches et plus vils qu'eux.» Ce discours peut servir à faire connaître les idées des Chinois sur les qualités sociales et sur les lois de la police.
Ils parurent ensuite devant un tribunal fort majestueux, qui leur fit donner encore trente coups de fouet, mais qui les renvoya dans une prison plus douce, où ils passèrent deux mois entiers. Enfin, dans une fête publique, où l'usage est de faire beaucoup d'aumônes pour les morts, le prince se ressouvint d'eux avec quelques sentimens de pitié. Il leur fit grâce de la vie en faveur de leur misère et en qualité d'étrangers; mais ce ne fut que pour être conduits dans une forge de fer, et pour y être employés aux ouvrages les plus pénibles. Ils y passèrent six mois nus et presque sans nourriture. Une maladie dont ils furent tous attaqués, et dont on craignit la contagion, leur fit obtenir la liberté de sortir pour se faire traiter, et celle de mendier les nécessités de la vie jusqu'à leur guérison. Dans cette extrémité, ils promirent entre eux, par un serment solennel, de vivre en bonne intelligence et de reconnaître pour leur chef un des neuf, qui serait choisi chaque mois par les huit autres, avec le pouvoir de régler leur conduite. Cet ordre se soutint constamment et servit beaucoup à soulager leur misère. Ce choix étant tombé sur Christophe Borralho, sa prudence leur fit distribuer les emplois qui se rapportaient au bien commun. Deux furent chargés de mendier dans la ville, deux autres d'aller à l'eau et d'apprêter les alimens. Le reste devait s'employer à couper du bois dans une forêt voisine, non-seulement pour l'usage domestique, mais pour tirer quelque profit de ce qu'on pourrait vendre.
Ils étaient à Quansy depuis plus de huit mois, lorsqu'un mercredi, troisième jour de juillet 1544, un peu après minuit, il se répandit dans la ville un bruit et des mouvemens si terribles, qu'on aurait cru le monde au dernier moment de sa ruine. On était informé par des voies certaines que le khan de Tartarie venait fondre sur Pékin avec la plus nombreuse armée qu'on eût jamais vue depuis que les hommes s'entre-déchirent par des guerres[2]; et qu'un détachement de soixante-dix mille chevaux était déjà venu se poster dans la forêt de Malicataran, éloignée de Quansy d'environ deux lieues, sous la conduite d'un général tartare, ou nauticor, dont le dessein était apparemment d'attaquer la ville, où l'on pouvait arriver dans l'espace de deux ou trois heures. Le tumulte ne fit qu'augmenter le reste de la nuit. Au lever du soleil, les ennemis se firent voir avec une contenance effroyable. Ils étaient divisés en seize escadrons; leurs drapeaux écartelés de vert et de blanc, qui sont les couleurs du khan de Tartarie. Dans cet ordre, ils s'approchèrent des murailles en poussant des cris affreux; ils dressèrent plus de deux mille échelles qu'ils avaient apportées; et montant de toutes parts avec autant de légèreté que de courage, ils commencèrent un assaut si terrible, que toute la résistance des assiégés ne put les arrêter long-temps. Les portes furent enfoncées, et toute la ville fut bientôt remplie de ces barbares, qui firent main basse sur les habitans, sans distinction d'âge ni de sexe. Le massacre dura sept jours, après lesquels, s'étant contentés jusque-là d'enlever l'or et l'argent des maisons et des temples; ils achevèrent de les détruire par le feu.
Pinto n'explique pas par quel bonheur il évita la mort. Mais, étant tombé au pouvoir des vainqueurs avec ses huit compagnons, il laisse entendre que la qualité d'étrangers fit respecter leur vie. Les Tartares se mirent en marche vers Pékin. Deux jours après, s'étant souvenus, à la vue d'un château nommé Nixoamcou, qu'un de leurs partis y avait été taillé en pièces dans une embuscade des Chinois, ils résolurent de l'emporter par escalade. On commanda un détachement pour cette expédition, et toutes les mesures furent prises avec beaucoup de sagesse. Cependant les Chinois se défendirent si courageusement, qu'après avoir tué trois mille Tartares dans l'espace de deux heures, ils forcèrent leur général de faire sonner la retraite. Cet échec lui causa d'autant plus de chagrin, que les flèches chinoises étaient empoisonnées d'un suc fort subtil, qui rendait la guérison des blessés presque impossible, sans compter qu'il craignait la disgrâce du khan pour avoir sacrifié ses meilleures troupes dans une si légère occasion. Il pensait à renouveler l'assaut, dans la résolution de laver sa honte ou d'y périr lui-même; mais il s'éleva un murmure dans le camp, et les plus braves refusèrent de marcher sans une délibération générale du conseil. On s'assembla; l'affaire fut discutée avec une grande variété d'opinions. Pendant qu'on s'agitait, un officier de considération qui avait la garde des prisonniers, entendant raisonner les Portugais sur l'entreprise qui occupait toute l'armée, leur demanda si l'on faisait la guerre dans leur pays, et s'ils avaient de l'inclination pour les armes. Un d'entre eux, nommé George Mendez, répondit avec assez de vérité que toute leur vie s'était passée dans les combats, et que depuis l'enfance ils n'avaient pas eu d'autre profession. Si dans une si longue expérience, reprit le Tartare, vous aviez appris quelque moyen de prendre le château, il n'y a point de faveurs que vous ne puissiez attendre du général. Alors George Mendez, sans considérer à quoi sa présomption pouvait l'exposer, assura fort hardiment que, si le nauticor voulait s'engager au nom du khan, par un écrit signé de sa main, à le faire conduire avec ses compagnons dans l'île d'Aynan, pour retourner de là dans leur pays, il se croyait capable de lui faire aisément surmonter toutes les difficultés du siége. Cette offre fut reçue avidement de l'officier, qui se hâta d'en donner avis au général. Reprenons ici le récit de Pinto.
«Pendant qu'on informait le conseil du discours de Mendez, nous demeurâmes si surpris de son audace, qu'appréhendant déjà la vengeance des Tartares, nous lui reprochâmes amèrement de s'être rendu l'instrument de notre perte par des promesses que nous n'étions pas capables de remplir. Il nous répondit, avec une confiance qui augmenta notre admiration, qu'il serait bien étonnant que neuf Portugais exercés en effet depuis long-temps au métier des armes, et qui devaient trouver dans leur mémoire le souvenir d'une infinité d'exploits de leur nation, ne fussent pas mieux instruits que des barbares; qu'en joignant nos lumières et nos réflexions, il se promettait que nous leur ouvririons du moins quelque voie qu'ils ignoraient; et que peut-être nous suffirait-il de paraître un peu moins grossiers qu'eux pour obtenir une considération qui pouvait nous conduire à la liberté. Il ajouta, pour exciter notre courage, que, dans la misère où nous étions, notre vie ne méritait d'être conservée qu'autant qu'elle pouvait servir à nous procurer un meilleur sort.
»Nous commençâmes à le regarder d'un autre œil; et sa témérité nous parut une inspiration du ciel, qui voulait peut-être la rendre utile à notre délivrance. Le nauticor, n'étant pas satisfait du conseil, prêta volontiers l'oreille à l'offre de nos services, surtout lorsqu'il eut appris que nous étions d'une nation dont les conquêtes avaient fait du bruit dans les Indes. Il nous fit amener dans sa tente, chargé de chaînes comme nous l'étions encore. Les principaux officiers du camp étaient autour de lui, quoique la nuit fût fort avancée. Après diverses questions, auxquelles Mendez répondit avec assurance, il nous fit ôter une partie de nos liens; et, s'intéressant déjà pour notre conservation, il nous fit apporter quelques alimens, sur lesquels nous nous jetâmes avec une avidité qui parut le réjouir beaucoup. Un de ses officiers, jaloux peut-être de lui voir tant de confiance dans notre secours, lui dit, en raillant notre misère, «que quand sa bonté ne servirait qu'à nous délivrer de la faim, ce n'était pas l'employer inutilement; qu'elle nous empêcherait de mourir de langueur, et qu'elle lui vaudrait au moins mille taëls, qu'il tirerait de notre vente à Lançam.» Cette plaisanterie, qui fit rire assez long-temps les autres, parut peu lui plaire. Il continua de s'entretenir avec Mendez, et ne dissimula point qu'il était satisfait de ses réponses; il lui promit, non-seulement la liberté, mais toutes sortes d'honneurs et de bienfaits, s'il lui faisait emporter le château avec peu de perte. Mendez eut la prudence de lui dire qu'il ne pouvait s'expliquer sans avoir observé la place. Tout le monde loua ce langage; et ceux qui s'étaient défiés de nos offres en prirent une meilleure opinion.