Sont plus beaux que les bâtiments
Où l’or, l’azur et la peinture
Forment les moindres ornements.
Le temps y laisse quelques trous
Pour la demeure des hiboux ;
Et les bêtes d’un cri funeste,
Les oiseaux sacrés à la nuit,
Dans l’horreur de cette retraite
Trouvent toujours un sûr réduit.
Nous partîmes de ces forges, pour aller à d’autres qui en sont éloignées de dix-huit milles de Suède, qui valent environ cinquante lieues de France. Nous nous servîmes toujours de la même voie, n’y en ayant point d’autre dans le pays, et continuâmes notre chemin au nord sur la rivière. Nous apprîmes qu’elle changeait de nom, et que les habitants l’appelaient Wilnama Suanda. Nous passâmes toute la nuit sur l’eau, et nous arrivâmes le lendemain, vendredi, dans une pauvre cabane de paysan, dans laquelle nous ne trouvâmes personne. Toute la famille, qui consistait en cinq ou six personnes, était dehors ; une partie était dans les bois, et l’autre était allée à la pêche du brochet. Ce poisson, qu’ils sèchent, leur sert de nourriture toute l’année : ils ne le prennent point avec des rêts, comme on fait les autres ; mais, en allumant du feu sur la proue de leur petite barque, ils attirent le poisson à la lueur de cette flamme, et le harponnent avec un long bâton armé de fer, de la manière qu’on nous représente un trident. Ils en prennent en quantité, et d’une grosseur extraordinaire ; et la nature, comme une bonne mère, leur refusant la fertilité de la terre, leur accorde l’abondance des eaux.