P. [191], l. 22: les bos.—Mss. A 15 à 17, 20 à 29: le bois. Fº 151.—Mss. A 30 à 33: le pays. Fº 190.

P. [191], l. 22: Hardelo.—Mss. A 20 à 22: Hadrelo. Fº 217.

§ 287. P. [191], l. 29: Quant li rois.—Ms. de Rome: Qant li rois Phelippes fu partis dou chastiel de la Broie, ensi que chi desus est dit, à moult seule gent, ils et sa route qui n’estoit pas grans, cevaucièrent celle nuit tant et le dimence au matin, que il vinrent en la chité d’Amiens. Et fu li rois logiés en l’abeie dou Gart, qui sciet au dehors d’Amiens. Petit à petit gens venoient, qui escapé de la bataille estoient, apriès lors signeurs et lors mestres. Encores ne savoit point li rois la verité de la perte des nobles de son sanc que il avoit perdus, et qui demoret estoient derrière. Le dimence au soir, il en fu enfourmés de une gran partie, et encores mieuls le mardi au matin, qant li hiraut françois retournèrent, liquel avoient esté presens à cerchier tous les mors. Li rois les plaindi et regreta grandement et longement l’un apriès l’autre, et lor fist faire en l’eglise d’Amiens, avant que il s’en partesist, un moult solempnel office et service. Il n’est doels qui ne se passe et ne se mète en oubli: li rois de France passa cel anoi au plus biel que il pot, et entendi à ses besongnes. Toutesfois, mesires Jehans de Hainnau fu là uns très bons moiiens pour mesire Godemar dou Fai, car li rois le voloit faire prendre et pendre; mais li gentils chevaliers dessus nonmés rafrena le roi et li brisa son aïr, et l’escusa par tant de raisons et si bonnes, que li rois, pour celle fois, s’apaisa et entendi à toutes ses besongnes, et donna toutes gens d’armes congiet. Messires Jehans de Hainnau prist congiet au roi, et puis s’en retourna arrière en Hainnau, ensi que chils qui grosement avoit perdu en ceste cevauchie, et aussi avoient fuisson d’autres. Nuls n’en retournoit contens.

Les nouvelles s’espardirent en moult de lieus et volèrent moult lonc, conment [par] le roi d’Engleterre, de une puignie de gens que il avoit, estoit ruée jus la poissance dou roi de France, et avoient esté li François bien diis contre un. Si acquist li rois d’Engleterre grant grasce, et li rois de France et li François grant blame, et moult fu eslevés li noms le roi d’Engleterre, douquel nous parlerons et compterons conment il persevera. Fos 123 vº et 124.

P. [191], l. 30: à moult seule gent.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: à moult pou de gens. Fº 151 vº.—Mss. A 20 à 22: à moult petit de gens. Fº 217.—Mss. A 15 à 17: à moult petite compaingnie. Fº 151 vº.


SUPPLÉMENT AUX VARIANTES.


Dans le cours d’un voyage que nous avons fait à Breslau en 1868, nous avons pu étudier à loisir le célèbre manuscrit des Chroniques de Froissart conservé dans la bibliothèque de cette ville. Quoique ce manuscrit (coté A 29 dans notre classement des mss. du premier livre) appartienne à une famille représentée par 7 exemplaires dont 4 sont à Paris[363], cependant il offre à partir de 1340, et surtout de 1342, certains développements qui manquent dans les autres manuscrits de la même famille. Le Froissart de Breslau, dont la valeur réside principalement dans les belles miniatures de l’école de Louvain qui illustrent les deux derniers volumes[364], a été exécuté ou grossé par David Aubert pour Antoine, bâtard de Bourgogne, en[365] 1468 et 1469; par conséquent, jusqu’à ce qu’on ait retrouvé les développements dont nous parlons dans un manuscrit plus ancien, il y a lieu de les considérer plutôt comme l’œuvre de David Aubert et des scribes aux gages de la maison de Bourgogne que comme celle de Froissart. Cependant, à notre retour en France, nous nous proposions de solliciter le prêt du ms. de Breslau auprès de la municipalité de cette ville par l’entremise du gouvernement prussien; malheureusement, les cruels événements de 1870 et de 1871 ne nous ont pas permis de donner suite à ce projet. Ayant appris, d’un autre côté, à la fin de 1868, que les variantes du ms. de Breslau avaient été copiées au seizième siècle en marge d’un exemplaire de l’édition de Sauvage qui fait partie de la collection plantinienne d’Anvers, nous avions prié M. Moretus, propriétaire de cette collection et héritier des Plantin, de vouloir bien nous autoriser à prendre communication sur place de cet exemplaire; malgré l’obligeante entremise de M. le baron de Witte, cette autorisation nous a été refusée. Plus heureux que nous, M. le baron Kervyn de Lettenhove a pu donner les variantes du ms. de Breslau, sinon d’après l’original lui-même, au moins d’après la copie du seizième siècle inscrite en marge du Froissart de la collection Plantin. Force nous est donc de reproduire aujourd’hui ces variantes d’après l’édition du savant éditeur belge (voy. t. IV, p. 479 à 508, et t. V, p. 545 à 548). Seulement, nous avons pensé qu’il importait de ne pas confondre avec les résultats de notre propre travail des textes qui ne nous arrivent ainsi que de troisième main; voilà pourquoi nous avons pris le parti de les publier à part et en supplément à la fin du présent volume de notre édition.