P. [56], l. 20: Montagrée.—Ms. A 29: qu’il assaillit si longement et par telle manière qu’il le prist d’assault, et le chevalier qui dedens estoit lui fut amené: si l’envoya tenir prison à Bourdeaux.
P. [61], l. 21: consideret.—Ms. A 29: comment à grans assaux ils ne pourroyent resister, aussi qu’ils estoyent petitement pourveus d’artillerie et de vivres.
P. [66], l. 17: leur.—Ms. A 29: venoient de haut en bas descendant et tout effondrant combles de tours et de manoirs, planchers et voutures, portes et murs. Et tellement s’espouvantoyent tous, quant ils veoyent la pierre venir, qu’en fin ne savoyent où se musser et sauver, fors ès profons celiers du chastel qui tous croulloyent par le grand fais du coup qu’ils recevoyent.
P. [71], l. 6: bataille.—Ms. A 29: Celle venue des deux chevaliers rafraichit moult grandement l’ost du conte Derby, qui estoit jà fort travillié pour le grand fais qu’il avoit eu à soutenir par le gros nombre de très vaillants chevaliers et escuyers qu’iceux Françoys et Gascons estoyent. Mais, comme dict est, il furent pris trop depourveuement, ainsi que l’usage de guerre porte que l’on prent toujours son ennemi à son avantage.
P. [73], l. 30: ennemis.—Ms. A 29: par son sens et par ses vertus dont il estoit comblé.
P. [75], l. 8: cauch.—Ms. A 29: et tonneaux pleins de cailloux et grosses pièces de boys.
P. [76], l. 1: fronth.—Ms. A 29: Incontinent que ceux du chastel virent leurs murailles ainsi pertruiser, ils furent moult esbais et non sans cause. Adonc les plusieurs en abandonnèrent les deffenses et se retirèrent dedens l’eglise qui estoit assez forte; et entandis les autres assaillants escheloyent le fort d’autre part.
P. [82], l. 8: instrumens.—Ms. A 29: comme pieds de chèvre et longues pièces de boys pour effondrer les murs. Et tantost en eurent elevé grand foison de pierres et tiré à part, car nul ne les povoit empescher, ne destourner leur labeur pour le traict, comme dict est. Et tant besognèrent iceux brigans, qu’en moins de deux heures ils firent un trou si grand en celui mur, que bien y povoyent entrer deux hommes de front.
P. [91], l. 18 et 19: Stanfort.—Ms. A 29: pour la mort duquel et des archiers, iceux bons hommes furent trop durement traictés et la pluspart occis, et leurs biens meubles et leurs vivres furent abandonnés aux compagnons qui s’en tindrent tous aises. Quant le comte Derby volut partir de Monpesas, il defendi de piller autrement la place et d’y boutter le feu, car il la donna, le chastel et la chastellennie, à un sien escuyer, qui s’appeloit Thomas Lencestre, et laissa avec luy en garnison, pour garder le pais, soixante compagnons, la pluspart archiers. Et ainsi fut prins le chastel de Monpesas et preservé de larcin et destruction par le don que le conte en avoit fait au gentil escuyer qui s’en tenoit bien joyeux, car il siet en belle contrée et bon pais. Tant chevaucha le conte Derby, quant il fut parti de Monpesas, qu’il vint et ses routtes devant la ville de Mauron, laquelle estoit forte et pourveue de vaillans compagnons. Il s’arresta et logea, puis commanda que l’assaut fust douné de toutes parts; et quant il perceut que par assaut ils n’i gangnoyent rien, il ordonna que tout homme se retraist et se logeast pour celle nuit.
P. [92], l. 17: oultre.—Ms. A 29: Quant cil de Mauron veirent les bagages de l’ost charger, puis mettre à la voye, et le conte Derbi et sa grande routte partir, ils dirent entre eux: «Ces Angloys voyent bien que leur proufict n’est pas de eux [tenir] longuement ici, et qu’ils n’i peuvent rien conquester; ils y furent hier trop bien gallés, mais ceux là qui sont demourés derrière, pensent ils nous tenir ici enclos? La grosse routte est jà bien loin; si conseille que tantost nous yssons dehors et les allons combattre; ils ne sont pas gens pour nous, nous les aurons incontinent deconfits et mis à mercy: si sera honneur et proufit à nous grandement.»