[136]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap, LXX et LXXI, p. 61 à 75.

[137]Édouard III, dans une lettre du 6 mai 1346 où il demande des prières et actions de grâces pour les succès remportés en Guienne par le comte de Lancastre qui lutte contre des forces écrasantes (magnum et superimmensum exercitum), annonce qu’il va partir à la tête d’une armée pour porter secours à son lieutenant. V. Rymer, Fœdera, vol. III, p. 81.

[138]Le 25 juin 1346, Édouard III nomme son fils Lionel régent du royaume pendant son absence. V. Rymer, ibid., p. 84.

[139]Édouard III mit à la voile le dimanche 2 juillet. V. Rymer, ibid., p. 85.

[140]L’embarquement eut lieu à Portchester où divers actes signalent la présence du roi d’Angleterre à partir du 20 juin 1346 (Rymer, p. 83 à 85). Portchester, village du comté de Southampton, situé sur la côte septentrionale du havre de Portsmouth, à une lieue de cette dernière ville, avait au moyen âge un port très-important aujourd’hui comblé par des atterrissements. Le 2 juillet au soir, Édouard III était à l’île de Wight, et c’est à dater de ce moment que le sceau spécial, en usage en cas d’absence du roi, fut remis à la chancellerie.

[141]La flotte anglaise était revenue à son point de départ le 10 juillet, comme le prouve une charte datée de ce jour et donnée par Édouard III en pleine mer, en vue de l’île de Wight, pendant un arrêt de sa traversée (Rymer, Fœdera, vol. III, p. 85). Le lendemain 11 juillet, le roi anglais expédia encore une charte datée du port de Sainte-Hélène, dans l’île de Wight (aujourd’hui St-Helens, à la pointe orientale de l’île), avant de mettre à la voile pour Saint-Vaast-de-la-Hougue où il débarqua le lendemain 12 juillet.

[142]La seconde rédaction est la seule où Froissart nous montre Philippe de Valois opposant dès le début à l’envahisseur des moyens de défense proportionnés à l’attaque (p. [357]). D’après les autres rédactions (p. [137] et [138], [367] et [368]), ces préparatifs furent faits après coup et quand il était déjà trop tard. On remarquera qu’ici comme en beaucoup d’autres endroits, la seconde rédaction, représentée par le manuscrit d’Amiens, est la plus favorable à la France en général et à Philippe de Valois en particulier. Il est certain que Philippe de Valois fit rassembler, à Harfleur et à Caen, un assez grand nombre de gens d’armes sous les ordres de Raoul, comte d’Eu et de Guines, connétable de France. Le rôle de la retenue de ces gens d’armes, parmi lesquels figure le comte de Flandre, nous a été conservé par une copie de De Camps, portef. 83, fos 472 à 475, au Dép. des mss. de la Bibl. nat.

[143]Manche, ar. Valognes, c. Quettehou. D’après la seconde rédaction, le débarquement d’Édouard III à Saint-Vaast aurait eu lieu le jour de la Madeleine, c’est-à-dire le 22 juillet (p. [357]). Nous voyons par une lettre de Michel de Northburgh, clerc et conseiller d’Edouard III, qui accompagna le roi anglais dans cette expédition, lettre rapportée textuellement par Robert d’Avesbury (Hist. Ed. III, p. 123), que ce débarquement se fit le mercredi 12 juillet. D’après la seconde rédaction aussi, Robert Bertran, à la tête de deux mille combattants, aurait essayé de s’opposer à ce débarquement, et il aurait été mis en déroute après un combat acharné où il aurait reçu une blessure et perdu l’un de ses fils (p. [357] et [359]); mais il n’y a pas lieu d’ajouter foi à ce prétendu combat dont les deux autres rédactions et surtout Michel de Northburgh ne disent pas un mot. Édouard III trouva à Saint-Vaast onze navires dont huit étaient munis de châteaux devant et derrière; il y fit mettre le feu. Le roi d’Angleterre se tint six jours en cet endroit depuis le mercredi 12 jusqu’au mardi 18 juillet; ce temps fut employé à reposer les troupes, à débarquer les chevaux et à cuire du pain pour l’armée (Hist. Ed. III, p. 123 et 124).

[144]Pendant que l’armée anglaise campait à Saint-Vaast, une partie de la flotte se rendit le vendredi 14 juillet devant Barfleur. Les habitants avaient pris la fuite; les Anglais mirent le feu aux maisons ainsi qu’à neuf navires munis de châteaux devant et derrière et à deux crayers en bon état qu’on trouva dans le port, sans compter un certain nombre de petits bateaux. Michel de Northburg, qui rapporte ces détails (Hist. Ed. III, p. 124), estime que Barfleur est aussi important que Sandwich (port du comté de Kent, situé à quatre lieues N. de Douvres, assez important au moyen âge, mais aujourd’hui obstrué par des alluvions).

[145]D’après Michel de Northburgh (Ibid., p. 127), ce fut la flotte anglaise, et non l’armée de terre qui, après la prise de Barfleur, alla brûler la ville et l’abbaye de Cherbourg. Le clerc d’Édouard III dit, comme Froissart (p. [134] et [135]), que les Anglais ne parvinrent pas à s’emparer du château de Cherbourg.