[146]C’est le mardi 18 juillet, d’après Michel de Northburgh, qu’Édouard III partit de Saint-Vaast pour aller à Valognes, où il passa la nuit et où il trouva beaucoup de provisions.
[147]Michel de Northburgh ne mentionne pas Montebourg. Jean le Bel, auquel Froissart a emprunté cette indication, paraît s’être trompé, en plaçant Montebourg avant Valognes dans l’itinéraire suivi par Édouard III. Il existait, il est vrai, dès le moyen âge, une route se dirigeant directement de Saint-Vaast sur Montebourg; mais Édouard III, qui s’avançait du nord au sud, dut passer à Valognes avant d’aller à Montebourg.
[148]D’après Michel de Northburgh, Édouard III partit de Valognes le mercredi matin 19 juillet, et, après avoir marché une grande journée, arriva le soir au Pont-d’Ouve (aujourd’hui hameau de la comm. de Saint-Côme-du-Mont, Manche) que les habitants de Carentan avaient détruit pour s’opposer à la marche des Anglais, Édouard III fit reconstruire ce pont pendant la nuit, et entra le lendemain jeudi 20 juillet dans Carentan, qui n’est qu’à une lieue anglaise du Pont-d’Ouve. On y trouva vivres et viandes en abondance, mais le roi d’Angleterre ne put empêcher qu’une grande partie de la ville ne fût brûlée. Michel de Northburgh compare Carentan, pour l’importance, à Leicester (chef-lieu du comté de ce nom, à 32 I. N. N. O. de Londres, dont cinq églises anciennes attestent l’importance, dès le moyen âge).
[149]Le roi d’Angleterre partit de Carentan le vendredi 21 juillet d’après Michel de Northburgh (Ibid., p. 124 et 125), et fit une halte, mais d’un jour seulement, et non de trois comme le dit Froissart, sur le bord d’une rivière, en un village où se trouve un pont que les habitants de Saint-Lô avaient rompu. Cette rivière est certainement la Vire, puisqu’on voit, par une lettre d’Édouard III à Thomas de Lucy, que le pont dont il s’agit ici est Pont-Hébert (Manche, ar. Saint-Lô, c. Saint-Jean-de-Daye). Le roi d’Angleterre fit rétablir ce pont, traversa la Vire, lui et son armée, le lendemain samedi 22 juillet, et vint camper tout près de Saint-Lô. Les habitants de cette ville avaient commencé à la mettre en état de défense; mais les gens d’armes qu’ils y avaient rassemblés quittèrent la place, à l’approche des Anglais, sans même attendre l’arrivée des ennemis. Ceux-ci entrèrent dans Saint-Lô et y trouvèrent bien mille tonneaux de vin, sans compter une foule d’autres richesses. Michel de Northburgh estime Saint-Lô plus important que Lincoln (chef-lieu du comté de ce nom, à quarante-trois lieues N. de Londres; cette ville était, au moyen âge et avant les guerres civiles, une des plus riches et des plus populeuses de l’Angleterre).
[150]D’après Michel de Northburgh, il fallut trois journées de marche aux Anglais pour aller de Saint-Lô à Caen. Édouard III quitta Saint-Lô le dimanche 23 juillet et passa sa journée dans une abbaye que Michel de Northburgh ne nomme point (Cerisy-l’Abbaye), pendant que ses gens portaient le ravage par tout le pays environnant, à cinq ou six lieues à la ronde. Les lundi et mardi 24 et 25 juillet, le roi anglais poursuivit sa marche et campa chaque soir dans les villages; il arriva devant Caen le mercredi 26 juillet, à trois heures après-midi.
[151]«Caame, dit Michel de Northburgh, est la ville plus grosse que nulle ville d’Engleterre horspris Loundres.» (Robert d’Avesbury, Hist. Ed. III, p. 126 et 127.)
[152]Quoique cette abbaye fût entourée de murs crénelés et bastilles, les moines l’avaient abandonnée à l’approche des Anglais. (Ibid., p. 125 et 126.)
[153]D’après Michel de Northburgh (Ibid., p. 125), et les Grandes Chroniques de France (éd. de M. P. Paris, t. V, p. 453), Guillaume Bertran, évêque de Bayeux, frère du maréchal de France Robert Bertran, était au nombre des défenseurs du château de Caen.
[154]Froissart s’est trompé en donnant dès 1346 à Jean, sire de Tancarville, vicomte de Melun, le titre de comte qui ne lui fut conféré par le roi Jean que le 4 février 1352. (Arch. nat., JJ81, p. 85, fº 101.)
[155]Cette flotte, d’après Michel de Northburgh, était composée d’environ deux cents navires qui cinglèrent vers Rothemasse (lisez: Roche Massé, aujourd’hui la Roche de Maizy, Calvados, à l’embouchure de la Vire), pendant que l’armée de terre marchait sur Saint-Lô; les gens d’armes qui montaient ces navires faisaient des descentes continuelles sur le rivage, pillant et brûlant le pays à deux ou trois lieues dans l’intérieur. Quand l’armée de terre, maîtresse de Saint-Lô, reprit sa marche sur Caen, la flotte anglaise quitta le mouillage de la Roche de Maizy et mit à la voile pour Ouistreham (Calvados, ar. Caen, c. Douvres), à l’entrée de la baie de Caen. De la Roche de Maizy à Ouistreham, sur une étendue de côtes de vingt-six lieues anglaises, cette flotte captura et brûla soixante onze navires de guerre français avec château devant et derrière, vingt-trois crayers, sans compter une foule de petits bateaux de vingt et un à trente tonneaux de vin (Hist. Ed. III, p. 127).