[195]D’après Michel de Northburgh, le roi de France avait ordonné cinq cents hommes d’armes et trois mille gens des Communes pour garder le passage. Le combat fut acharné, puisque deux mille gens d’armes furent tués du côté des Français; en outre, beaucoup de chevaliers et d’écuyers furent faits prisonniers, et ceux qui parvinrent à s’échapper furent poursuivis jusqu’aux portes d’Abbeville.
[196]La rédaction d’Amiens ou seconde rédaction est la seule, comme l’a fait remarquer M. Rigollot, qui mentionne (p. [398]) cette blessure de Godemar du Fay (V. Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. III, p. 140). Godemar du Fay, qui avait sous ses ordres Jean de Picquigny, le sire de Caumont et Jean du Cange, trésorier des guerres, paraît avoir recommencé le combat entre Noyelles-sur-Mer et Sailly-le-Sec (Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu), sur la route d’Abbeville, où l’on découvre encore journellement, disait M. Seymour de Constant en 1831, des sarcophages entourés d’une grande quantité d’ossements épars. (V. Mémoire sur le plan et la position des deux armées à la bataille de Crécy, par le baron Seymour de Constant, p. 12. Abbeville, 1831, in-18 de 46 pages, avec une carte). Jean du Cange, que nous voyons chargé de défendre avec Godemar du Fay les passages de la Somme, devait connaître à fond le pays, car l’abbé de Corbie ayant demandé la permission d’établir un système de ventailles (écluses) en certains relais de la Somme et de faire payer un droit aux navires profitant de ces écluses, Philippe de Valois enjoignit en mars 1343 «à son amé vallet Jehan du Cange» de faire une enquête (Arch. nat., JJ74, p. 427, fº 246). L’insuccès de l’affaire de Blanquetaque ne fit encourir aucune disgrâce à Jean du Cange, qui était trésorier des guerres et gouverneur du comté de Ponthieu en décembre 1346 (Arch. nat., JJ100, fº 51, p. 151.)
[197]Aujourd’hui Noyelles-sur-Mer, Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu. Noyelles est à deux lieues et demie N. O. d’Abbeville. D’après M. F. C.T198 Louandre (Hist. d’Abbeville, éd. de 1844, t. I, p. 227), la plaine entre Noyelles et Port s’appelle encore aujourd’hui Blanquetaque.
[198]Froissart, en disant que la comtesse d’Aumale était sœur de Robert d’Artois, reproduit une erreur de Jean le Bel (Chron., t. II, p. 84). Catherine d’Artois, qui, dans un vidimus du 12 février 1347 où elle confirme la charte de commune de Ponthoile, prend le titre de «dame de Noyelles et de Pontoilles,» veuve en 1342 de Jean II de Castille-Ponthieu, comte d’Aumale, était fille, et non sœur, de Robert d’Artois. Blanche sa fille, mariée en 1340 à Jean de Harcourt, était nièce de Godefroi de Harcourt. (Bibl. nat., dép. des mss., collection de dom Grenier, vol. 214, fº 250.)
[199]Michel de Northburgh parle en ces termes de la prise et du pillage du Crotoy: «Et mesmes le jour (jeudi 24 août) mounsignour Hugues le Despenser prist la ville de Crotoie, et luy et sa gent tuèrent illesques quatre cens hommes d’armes et tendrent la ville et trouvèrent graunt plenté du vituailles» (V. Robert d’Avesbury, Hist. Ed. III, p. 138). Les archives du Crotoy ne furent pas plus épargnées que les habitants, car Philippe de Valois, confirmant en décembre 1346 une charte de priviléges octroyée en 1209 par Guillaume, comte de Ponthieu et de Montreuil, motive ainsi cette confirmation: «comme par souffiants relation nous soit apparu que les lettres et priviléges de Crotoy et de Maioc aient esté arses ou perdues par la venue du roi d’Angleterre nostre ennemi ou de ses gens, ou mois d’aoust derrain passé.» Arch. nat., JJ100, fº 51, p. 151.
[200]D’après Michel de Northburgh, Édouard III se tint sur le bord de la Somme pendant toute la journée du jeudi 24 août, et même il y coucha dans la nuit du 24 au 25, afin d’être en mesure d’empêcher le roi de France qui le suivait de passer à son tour au gué de Blanquetaque; mais Philippe de Valois n’osa tenter le passage en face de toute l’armée anglaise et prit la direction d’Abbeville.
[201]D’après le clerc d’Edouard III, le roi anglais passa la journée du vendredi dans la forêt de Crécy; il y a donc lieu de penser que passant par l’ancien chemin Vert et par Forest-l’Abbaye (Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu) il traversa la forêt de Crécy dans la partie comprise entre le Titre et la vieille ferme sise à Crécy qu’on nomme le Donjon.
CHAPITRE LX.
[202]Cf. Jean le Bel, Chron., t. II, chap, LXXII, p. 85 à 93. Aux études spéciales sur la bataille de Crécy déjà citées dans les notes qui précèdent, nous croyons utile d’ajouter l’indication des ouvrages suivants qui nous ont été obligeamment communiqués par notre confrère M. A. Demarsy:
- 1º Une troisième édition de la brochure déjà citée de M. le baron Seymour de Constant, augmentée de quelques observations sur un mémoire récemment publié par M. Ambert. Abbeville, Jeunet; Paris, Dumoulin; 1851, in-18 de 95 pages.
- 2º Notice historique sur Crécy, par M. de Cayrol; extrait des Mémoires de la Société d’Émulation d’Abbeville, 1836 et 1837.
- 3º Itinéraire au Champ de bataille de Crécy, lu à la Société des Sciences morales le 2 décembre 1836 par l’abbé Caron et publié après sa mort par le docteur Boucher. Versailles, 1849, in-8.
- 4º Études historiques sur Édouard III, Philippe de Valois et la guerre de 1346, par de Pongerville; articles publiés dans le Journal de l’instruction publique et reproduits dans la Picardie, nº du 15 septembre 1855.