Le roi Jean laisse sans réponse le défi de son adversaire. Ce que voyant, Édouard rebrousse chemin à travers le comté de Fauquembergue, passe à Licques[202] dans le pays d’Alquines, contourne la bastide d’Ardres, et, par le beau chemin de plaine dit de Leulingue, rentre tout droit à Calais. Arnoul d’Audrehem, capitaine d’Ardres[203], se jette sur l’arrière-garde anglaise et fait dix ou douze prisonniers. Jean fait défier à son tour Édouard par Boucicaut et Arnoul d’Audrehem; mais les mauvaises nouvelles reçues d’Écosse empêchent le roi d’Angleterre d’accepter ce défi[204]. Le roi de France licencie son armée.—Au retour de cette expédition, Jean de Hainaut meurt dans la nuit de la Saint-Grégoire en son hôtel de Beaumont; il est enterré en l’église des Cordeliers de Valenciennes. Il laisse pour héritiers ses petits-fils Louis, Jean et Gui, fils du comte de Blois tué à Crécy et de Jeanne de Beaumont. P. [146] à [150], [363] à [368].
CHAPITRE LXXV.
1356. EXPÉDITION D’ÉDOUARD III EN ÉCOSSE[205] (§§ [352] à [355]).
Le roi d’Angleterre quitte Calais dont il confie la garde au comte de Salisbury, repasse en Angleterre et se dirige tout droit vers l’Écosse[206]. Gautier de Mauny, qui marche à l’avant-garde de l’expédition, parvient à reprendre le château de Berwick aux Écossais avant l’arrivée d’Édouard dans cette ville. P. [150] à [152], [368], [369].
Les Anglais occupent Édimbourg qui est une ville ouverte; le roi habite la maison d’un bourgeois auquel David Bruce avait promis naguère de le faire maire de Londres; il met le siége devant le château. P. [153], [154], [369], [370].
La famine menace bientôt les assiégeants[207]. On est au fort de l’hiver. Les Écossais, pour affamer les envahisseurs, ont emporté vivres et bétail de l’autre côté de la rivière de Tay; et une horrible tempête force la flotte qui apporte des provisions aux Anglais à rentrer dans le port de Berwick[208]. Édouard reçoit à Édimbourg la visite de la comtesse de Douglas qui habite le château de Dalkeith; à la prière de cette dame, il s’engage à ne pas brûler la capitale de l’Écosse. Pendant ce temps, Guillaume de Douglas[209], mari de ladite comtesse, garde avec cinq cents armures de fer des défilés par où les ennemis doivent passer pour retourner chez eux. P. [155], [156], [370], [371].
Aussi, les envahisseurs, à leur retour en Angleterre, sont attaqués à l’improviste par Guillaume de Douglas au moment où ils traversent, morcelés en petits pelotons, les défilés de Cheviot d’où sort la Tweed qui forme la limite entre les deux royaumes. Édouard ne se trouve pas dans le détachement qui est ainsi surpris et ne doit son salut qu’à cette circonstance; toutefois, les Écossais ne se retirèrent pas sans emmener des prisonniers parmi lesquels se trouvent six Brabançons[210]. P. [157] à [159], [371].
CHAPITRE LXXVI.
1355. EXPÉDITION DU PRINCE DE GALLES EN LANGUEDOC[211] (§§ [356] à [362]).
A peine débarqué en Guyenne[212] avec mille hommes d’armes et deux mille archers, le prince de Galles entreprend de faire une chevauchée en Languedoc et convoque à Bordeaux les principaux seigneurs de Gascogne. P. [159] à [161], [371], [372].